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de 2002 à 2010

Prostitution

La criminalisation des prostitué-e-s n’est pas une solution celles des victimes de trafics, encore moins.

Communiqué de Presse de Denis Baupin

mardi 30 juillet 2002

Faute de s’attaquer aux causes réelles de l’insécurité (chômage, mal-vivre, discriminations ethniques, urbanisme criminogène, etc.) le gouvernement rivalise de propositions sécuritaires qui ont pour point commun de cibler des boucs émissaires : jeunes, étrangers, gens du voyage, mais aussi prostitué-e-s.
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La prolifération des trafics internationaux de ses esclaves modernes que constituent les jeunes femmes (ou hommes) venues d’Europe de l’Est ou du tiers-Monde se nourrit de la misère des pays d’origine de ces personnes, de la précarité des sans-papiers dans les pays occidentaux et de l’absence de débat public sur les causes et méfaits réels de la prostitution.

Explicites sont les termes du nouveau projet de sécurité intérieur : dans le cadre de la lutte contre le développement du proxénétisme, les auteurs de racolage actif ou de racolage passif feront l’objet de mesures systématiques d’éloignement lorsqu’ils seront de nationalité étrangère.

Loin de protéger les victimes des trafics, celle-ci ne fera que les discriminer - en tant qu’étrangères et prostituées - et les mettre un peu plus en danger .

Cela reviendra, de fait, à criminaliser, pourchasser, condamner toutes les prostitué-e-s, avec en prime, un relent de préférence nationale.

Une telle loi compliquera sûrement l’exercice de cette activité et transformera sans doute l’organisation de certains réseaux. Mais elle génèrera surtout une précarisation et des risques sanitaires supplémentaires de ceux et celles qui sont d’abord des victimes.

Comme dans d’autres domaines, elle contribuera à l’expansion des activités mafieuses.

Une autre voie est possible.

Qui prenne d’abord en compte l’intérêt, l’autonomie, le choix et la protection sanitaire, juridique et sociale des principales personnes concernées.

Qui garantisse une véritable politique de prévention.

Outre une application réelle de la législation sur le proxénétisme et une aide réelle aux jeunes femmes (et hommes) qui veulent s’en sortir, n’est-il pas temps de protéger les victimes de trafics et d’ouvrir enfin le débat sur un statut protégeant les prostitué-e-s autant des trafics et des proxénètes, que des maladies et des violences ?

Denis Baupin

Porte-parole national des Verts

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