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de 2002 à 2010

Dans le 18e et au Conseil de Paris : Sylvain Garel

Bilan de mandat d’élu vert

lundi 24 septembre 2007

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I) LE CONSEIL DU 18e ARRONDISSEMENT

A) Des négociations difficiles

Le résultat du premier tour des élections municipales dans le 18e en mars 2001 (près de 16% des voix face à Vaillant/Delanoë d’un côté et à Seguin de l’autre) fut pour nous une agréable surprise. Le moins que l’on puisse écrire est que nos partenaires socialistes furent également surpris... Eux et leurs traditionnels alliés communistes durent faire de la place à trois Conseillers de Paris, à trois Maire adjoints et à quatre Conseillers d’arrondissements Verts. Cela était d’autant plus douloureux pour eux que le 18e était le seul des six arrondissements parisiens passés à Gauche en 1995 où il n’y avait pas d’élus Verts (à cause de la concurrente d’une liste du MEI lors de ces élections municipales). Bref, nous avons vite compris que nous n’étions pas les bienvenus. Et heureusement que la fusion des listes avait été négociée au niveau parisien, car je ne suis pas certain que cela eu été possible dans le 18e où la Gauche était quasi-certaine de l’emporter au second tour même si nous avions maintenu notre liste.

Les négociations autour de notre programme local commun de second tour furent difficiles avec Vaillant et son équipe. Mais ce n’était rien à côté de celles que j’ai conduit pour la répartition des délégations des adjoints au Maire. Menées avec Annick Lepetit qui allait devenir Maire, elles ont duré plusieurs semaines. Si nous nous sommes rapidement mis d’accord sur la délégation à la Culture pour Danielle, il a fallu menacer de ne pas siéger lors du premier Conseil d’Arrondissement (CA18) pour obtenir qu’Olivier obtienne l’environnement en plus de la propreté et que Saadia puisse obtenir un poste d’adjoint. Cela dit, ce fut un peu une victoire à la Pyrrhus car, néophytes, nous ne savions pas que, dans un arrondissement parisien, les deux postes d’adjoint les plus importants sont l’urbanisme et le logement d’une part et les transports et la circulation de l’autre. Nous aurions sans doute pu obtenir le second. On ne nous y reprendra plus !`

B) Présidence du Groupe des éluEs Verts du 18e

Ayant très vite compris que, dans le 18e comme au Conseil de Paris (CP), l’unité des élus Verts étaient indispensable pour que nos propositions soient prises en compte, j’ai tout fait pour la maintenir. Les débuts furent difficiles. Il y avait à gérer d’une part les séquelles de l’inversion de la tête de liste imposée au groupe par Les Verts parisiens et d’autre part l’attitude fort peu collective et de plus en plus incompréhensible de notre colistière Saadia Ayata, adjointe chargée de la médiation. La démission de Saadia des Verts quelques mois plus tard fut un soulagement pour tout le reste du Groupe tellement elle était devenue ingérable. Et comme, suite au remplacement de Lepetit par Vaillant, il a fallu réélire tous les adjoints nous avons pu la remplacer comme adjointe par Syrine. Saadia demeure toutefois conseillère municipale (non-inscrite). Après avoir été totalement absente pendant deux ans, elle fait de courtes apparitions au conseil depuis quelques mois - la tête toujours recouverte d’un bandana ou d’un foulard - pour y tenir des propos aussi inoffensifs qu’incompréhensibles.

Entre temps, pour assurer l’unité du groupe et un fonctionnement collectif et démocratique, nous avions créé fin 2001 une association des élues Verts du 18e. Je fus élu Président (1), Danielle trésorière et Olivier secrétaire. Nous avons, à cette occasion, élaboré une règle de votes en cas de désaccords entre nous pour éviter détaler des divisions sur certains sujets. Mais, contrairement au CP, dans les arrondissements les groupes politiques parisiens n’étaient pas reconnus. Ayant compris que Vaillant ne céderait jamais sur ce point (il était de tous les Maires de Gauche, le plus opposé à cette réforme (2)), j’ai mené cette bataille au CP au nom du Groupe Verts au Conseil de Paris (GVCP). Après une rude bataille, nous avons obtenu gain de cause et les groupes politiques furent reconnus dans tous les arrondissements. Cela nous a permis d’obtenir une tribune dans le journal de la Mairie du 18e et l’institutionnalisation de deux chargés de missions à mi-temps payés décemment (ce qui n’était pas le cas de nos deux premiers collaborateurs) travaillant pour le Groupe des éluEs Verts du 18e qui s’est confondu avec l’Association des élus à partir de 2003 (3).

Parallèlement, dans le petit groupe d’élus de la majorité qui élaborait le nouveau règlement intérieur du CA18, j’ai obtenu de haute lutte que le rôle du président de Groupe (et donc de l’existence des Groupes) soit formalisé par écrit. Cela s’est traduit par la possibilité pour tout président de Groupe de pouvoir demander au moins une fois par Conseil une suspension de séance sans que le maire puisse s’y opposer. Cela n’a l’air de rien, mais cela nous a été fort utile à plusieurs reprises pour protester quand nos propositions n’étaient pas prises en compte (4). Par contre, il n’a pas été possible d’arracher à Vaillant un droit de pétition pour les habitants du 18e

Ces acquis ont largement permis de maintenir l’unité du Groupe (peu remise en cause ces dernières années sauf sur quelques questions d’urbanisme) et de nous faire respecter par nos partenaires. De plus, nous avons publié à partir de fin 2003 une Lettre des éluEs (nous en sommes au sixième numéro). Nous avons tenu des réunions d’élus - où est invité le délégué aux relations avec les élus du Groupe des Verts du 18e - avant les Conseils d’arrondissement où des décisions importantes et/ou non-consensuelles devaient être prises (5). Même si le Maire du 18e nous a toujours refusé une salle à la Mairie pour présenter les vœux des élus Verts, nous l’avons fait sans autorisation en ces lieux en 2004 et 2005. J’avais obtenu l’autorisation pour les vœux 2006, mais un problème technique lié à notre fichier d’envoi ne nous a malheureusement pas permis de tenir cette cérémonie conviviale et bio. Ce n’est que partie remise. Nous avons également organisé deux week-ends de réflexion en Normandie en commun avec les collaborateurs des élus Verts et les membres du bureau de Groupe des Verts du 18e (un troisième week-end est en préparation à l’heure où j’écris ces lignes).

Pour bien se rendre compte que ce fonctionnement collectif, organisé et démocratique n’allait pas de soi, il faut savoir que nous sommes le seul des quatre groupes du CA18 à le pratiquer et que, malheureusement, dans plusieurs autres arrondissements, les élus Verts n’ont aucun fonctionnement collectif, et, parfois, aucun rapport avec les militants de leur Groupe local.

(1) Etre président de groupe implique un certain nombre d’obligations dont la première est la présence. Sur les 65 CA18 qui se sont déroulés depuis mars 2001, je n’en ai manqué que trois. J’ai également été présent à la quasi-totalité des réunions de préparation réunissant les élus Verts ou les élus de la majorité.

(2) J’ai compris plus tard que ce qui inquiétait le plus Vaillant n’était pas la création de groupes d’élus Verts, Communistes ou UMP, mais la création d’un Groupe socialiste dont l’existence aurait pu lui faire de l’ombre. D’ailleurs, dans le 18e, il n’y a toujours pas de Groupe d’élus socialistes...

(3) Le même bureau fut reconduit en 2003 puis en 2005 lors de deux AG suivantes. Outre l’animation du Groupe, le bureau a en charge de rencontrer le Maire deux ou trois fois par an pour faire le point sur les dossiers en cours, de préparer les week-ends de réflexion, de superviser la réalisation et l’envoi de la Lettre des éluEs....

(4) Il faut rappeler que contrairement au CP, Les élus Verts n’ont pas la balance de la majorité au CA18. Ce que signifie que les socialistes et leur très fidèles alliés communistes sont majoritaires sans nous. .

(5) Il est toutefois regrettable que certains élus Verts du 18e soient très rarement présents à ces réunions où nous décidons de nos votes et de nos interventions.

C) Interventions et vœux

Le CA18 est un peu comme un théâtre. L’essentiel a été préparé et pratiquement répété lors des réunions de préparations (dans le 18e deux par CA18, l’une quinze jours auparavant, l’autre juste avant le Conseil). Vote, prise de position, tout ou presque est réglé d’avance. Mais, il est possible de bousculer un peu cette mise en scène trop bien réglée par des interventions préparées par les élus Verts. En tant que président, je me suis chargé de leur rédaction (avec intégration des amendements proposées par les autres membres du groupe via Internet ou lors de réunions de préparation) et de leur lecture, généralement en début de séance. Je suis intervenu au nom des élus Verts aussi bien sur des sujets nationaux (la mort d’un militant antinucléaire écrasé par un train de déchets radioactifs, par exemple) ou sur des thèmes locaux (la dernière en date étant le refus de Vaillant de permettre des parrainages de sans-papiers à la Mairie du 18e. Pour marquer le coup, nous avions, sur proposition de François, mis nos écharpes d’élus). Je suis également intervenu - toujours au nom du groupe - lorsqu’il fallait demander des suspensions de séances ou pour expliquer pourquoi nous quittions le Conseil. Nous l’avons fait lors du premier vote sur le Plan Local d’Urbanisme (PLU) ce qui a obligé Vaillant à convoquer un nouveau CA18 quelques jours plus tard (1).

En ce qui concerne les vœux, j’en ai déposé près d’une trentaine en six ans. La majorité d’entre eux concernait le PLU où je réclamais la protection de « dents creuses » (bâtiments de petite hauteur) montmartroises. Si ces vœux n’ont pas été adoptés en CA18, la majorité d’entre eux a été votée au CP. Dans le même ordre d’idée, avec Danielle, nous avons réussi à faire adopter un vœu protégeant la superbe Villa des Arts qui se trouve derrière la place Clichy et un autre qui devrait permettre de rendre au public l’accès de la salle d’exposition du Bateau-Lavoir. J’ai déposé des vœux sur des sujets très divers. Les plus marquants ont été ceux qui concernent le changement de nom des jardins du Sacré-Cœur qui avant 2001 portait le nom d’un dessinateur antisémite (Adolphe Willette) et honore aujourd’hui celui d’une héroïne de la Commune de Paris et d’une figure de l’anarchisme (Louise Michel). J’ai également dénoncé via des vœux la présence pesante de policiers dans les quartiers les plus populaires de notre arrondissement ou les bavures qui se sont déroulés dans certains commissariats du 18e. Après des mois de négociations avec Vaillant, j’ai obtenu qu’une délégation de Conseillers du 18e puissent visiter les lieux de détention provisoire se trouvant dans notre arrondissement et dénoncé publiquement à plusieurs reprises. Nous attendons maintenant le feu vert du Préfet. Avec Olivier, nous avons également fait adopter des vœux visant à « écologiser » la Mairie et les autres bâtiments municipaux du 18e. Pour l’instant, sur ce dossier, les résultats concrets sont maigres, mais nous pu jeter les bases d’un important chantier pour la prochaine mandature.

(1) Selon la loi, pour délibérer valablement, un Conseil d’Arrondissement doit compter au moins la moitié de ses membres présents physiquement. Si ce quorum n’est pas atteint, il faut convoquer un nouveau CA où, cette fois, aucun quorum n’est nécessaire.

II) LE CONSEIL DE QUARTIER MONTMARTRE

A) Création des conseils de quartier

Représentant les Verts dans le groupe de travail des élus de la majorité chargé de mettre en place les Conseils de quartier (CQ) dans le 18e (1), je me suis battu sur plusieurs fronts. Tout d’abord, sur la délimitation des périmètres des Conseils, j’ai argumenté en faveur de la reprise du découpage de l’arrondissement en quartiers effectué par le 18e du Mois (2) plusieurs années auparavant. A une exception près (le découpage légitime du quartier La Chapelle en deux conseils, un au nord, l’autre au sud), j’ai obtenu satisfaction. Deuxièmement, avec, pour une fois, le soutien du PC, j’ai obtenu que chaque Conseil ait un petit budget d’investissement annuel (environ 7 000 euros par an). Nous sommes encore loin du budget participatif existant à Porto Alegre et dans d’autres villes du Brésil et d’ailleurs, mais c’est un premier pas. Il a également fallu insister pour que les CQ aient le droit de déposer une fois par trimestre un vœu ou une question au Conseil d’arrondissement (3).

Une fois établis les périmètres et les règles de fonctionnement des CQ, nous sommes passés à la répartition des présidences entre les élus de la majorité. Comme nous n’avions pas été très bien « servis » lors de l’attribution des délégations des adjoints au maire, j’ai insisté pour que Les Verts obtiennent trois des huit présidences de CQ (4). C’est ainsi que Pascal est devenu Président du CQ Chapelle Nord-Charles-Hermitte, Stéphane de celui de Clichy-Grandes Carrières et moi de celui de Montmartre. A cette occasion nous avons organisé une répartition des élus Verts par CQ. Force est de constater que cela n’a fonctionné que dans moins de la moitié des huit quartiers : deux des trois où nous avons la Présidence et celui des Portes de Paris que Thierry suit de très près depuis fort longtemps.

(1) Contrairement aux autres arrondissements passés à Gauche en 1995, dans le 18e, les CQ n’avaient pas été installés dans la précédente mandature. Contraint par la loi qui ironiquement porte son nom en tant que Ministre de l’Intérieur du Gouvernement Jospin, Vaillant ne les a mis en place dans le 18e que fin 2002.

(2) Journal d’informations locales créé en 1994 et dont je suis l’un des fondateurs. Pour éviter toute confusion des genres, j’ai arrêté d’écrire des articles politiques dans ce journal dès mon élection, j’ai démissionné du Conseil d’administration l’année suivante puis j’ai quitté le comité de rédaction en 2005. Je demeure adhérent de l’association des Amis du 18e du mois qui édite ce mensuel influent dans l’arrondissement.

(3) Bien que ce droit au vœu figure dans le règlement intérieur des CQ, il a récemment fallu faire le forcing pour imposer la mise aux voix d’un vœu du CQ Portes de Paris en faveur des biffins des puces de Clignancourt.

(4) Dans cette négociation, nous avons bénéficié du fait que, contrairement aux autres groupes de la majorité, il y avait des élus Verts volontaires pour accomplir cette tâche. D’où l’importance d’avoir dans le groupe un maximum d’élus disponibles et motivés.

B) Le Conseil de quartier Montmartre

Présider un Conseil de quartier est une expérience très enrichissante tant du point de vue humain que politique. Mais ce n’est pas une activité de tout repos. Il faut réunir régulièrement un bureau pour établir un ordre du jour et présider plusieurs fois par an des réunions parfois houleuses et dont on ne sait jamais comment elles vont évoluer (1). De plus à Montmartre et contrairement à d’autres quartiers, les habitants se déplacent en masse. Certains Conseils de quartier ont attiré près de 200 personnes. D’autre part, il y a à Montmartre une multitude d’associations d’habitants et de commerçants, certaines très folkloriques mais d’autres très politiques. Dans cet ancien fief d’Alain Juppé, il y a encore plusieurs associations qui ont des liens organiques avec la Droite parisienne. De ce fait, des élus UMP du 18e sont toujours présents au CQ Montmartre. Ils sont parfois quatre ou cinq au fond de la salle à chauffer leurs partisans.

Heureusement, Montmartre est depuis longtemps un bastion de l’écologie politique. C’est le quartier où nous faisons nos meilleurs scores électoraux (2), où nous avons le plus de sympathisants (plus de 1 500 rien que dans notre fichier) et le plus grand nombre d’adhérents (près du tiers de notre effectif). Il y a également plusieurs associations qui soutiennent largement notre action comme l’Association de Défense de Montmartre et du 18 (ADDM18) ou l’Association des Riverains des Boulevards Clichy et Rochechouart (3). Sans compter des Fédérations de Conseils de Parents d’Elèves très actives dans plusieurs écoles.

Lors du premier tirage au sort du collège habitant du CQ qui est majoritaire au sein des Conseils, il n’y a eu aucun adhérent Verts tiré au sort comme titulaire. Par contre beaucoup de sympathisants l’ont été. Ils ont ainsi pu m’aider à contrer deux ou trois responsables d’associations liés à la Droite qui ont tenté et tentent toujours de bloquer les projets que nous défendons. Et, heureusement, une conseillère de quartier (Géraldine), a ensuite adhéré aux Verts et deux militants (Sandrine et Frédéric), tirés au sort comme suppléants, sont devenus titulaires. Je me suis alors senti moins seul même si, parfois, la trop faible présence d’adhérents dans une salle où nos adversaires étaient en nombre s’est faîte sentir.

(1) Contrairement au CA, il n’y a pas de réunion de préparation des CQ. Et c’est heureux !

(2) Plus de 30% des voix dans certains bureaux des Abbesses aux élections européennes de 1999 où, dans ce quartier, à cette élection, nous étions en tête de toutes les listes en compétition.

(3) Deux associations dont je suis adhérent.

C) Les réalisations du Conseil de quartier Montmartre

Sachant que des sujets polémiques concernant la réduction de la circulation automobile à Montmartre nous attendaient, j’ai été satisfait du fait que le premier vote émis par le CQ concernait un sujet moins conflictuel - quoique sur la Butte tout puisse devenir sujet à une guerre picrocholine sans fin (1) - : la présence ou non d’un manège sur la place des Abbesses. Nous avons embrayé (si j’ose dire) avec l’opération Paris-respire qui interdit la circulation des véhicules à moteur sur la quasi-totalité de la Butte tous les dimanches et jours fériés de 11h à 18h (2) (sauf Montmartobus, riverains, véhicules d’urgence et après de nombreuses interventions de ma part et de celle de Pénélope Komites, les voitures transportant des personnes handicapées). Le manque d’information préalable des habitants par les services de la voirie ne nous a pas aidé, mais grâce au soutien (trop souvent silencieux) de la grande majorité des Montmartrois nous avons pu mettre en place l’opération à partir de l’été 2004. D’abord à titre expérimental puis à titre définitif. Et cela malgré l’opposition de l’UMP et d’une association de commerçants très active sur le secteur Lepic-Abbesses. Cela a servi de répétition générale pour le dossier qui nous tenait le plus à cœur : le Quartier Vert Montmartre.

La création du plus grand Quartier Vert parisien est la grande affaire du Conseil de quartier durant cette mandature. Commencée fin 2002, la concertation a duré trois ans et demi. Il a fallu de nombreuses réunions du Conseil et du groupe de travail mis en place au sein du Conseil pour arriver à un projet qui satisfasse le plus grand nombre d’habitants et de commerçants. Car, si une grande majorité de la population a soutenu ce projet, il a fallu faire face à l’hostilité d’élus de Droite, de certains commerçants (3) et de quelques automobilistes qui souhaitaient que rien ne change. Il a également été nécessaire de composer avec les pompiers, la RATP, les Architectes des bâtiments de France... Avec Denis Baupin et Stéphane, nous avons constamment oeuvré pour que ce projet soit le plus ambitieux possible. Toutefois, pour des raisons techniques (le passage de nombreuses canalisations sous les trottoirs) et financières (4), nous n’avons pas pu planter autant d’arbres que nous l’aurions voulu, ni élargir autant de trottoirs qu’il serait nécessaire de le faire. Je pense en particulier aux trottoirs du bas Lepic, des rues d’Orsel, Gabrielle, Cauchois, André Antoine, d’Orchampt, Ravignan, Bachelet, de l’Armée d’Orient, de la place Saint-Pierre... Nous n’avons pas renoncé pour autant et nous nous sommes engagés r à faire tout ce qui sera en notre pouvoir dans les années à venir pour que ces indispensables travaux soient réalisés dans les meilleurs délais.

Fin 2006, lorsque la pénible mais nécessaire période des travaux sera terminée, la vitesse des véhicules sera limitée à 30km/h sur toute la Butte, il n’y aura plus de circulation de transit, les trottoirs de plusieurs rues seront élargies, les piétons seront prioritaires dans certaines voies, plus d’une vingtaine d’arbres seront plantés, des contresens cyclables, de nombreux parkings deux roues, des places de stationnement réservées aux handicapées et aux livraisons seront créés... Ces aménagements réduiront la pollution, le bruit et le rejet de gaz à effet de serre. Ils amélioreront la qualité de vie dans ce quartier tout en favorisant le commerce de proximité.

Parmi les autres décisions prises par le CQ Montmartre, deux autres sont chers à nos préoccupations environnementales. La première concerne l’installation d’antennes-relais sur les toits des immeubles. Suite à une importante mobilisation de riverains et de parents de la crèche de la rue de l’Abreuvoir (qu’Olivier et moi avons soutenu ouvertement), j’ai proposé au Conseil de prendre position en faveur d’une motion demandant principalement la réduction de la puissance émise autorisée à 0,6 volts par mètre (revendication majeure des associations environnementales engagées sur ce dossier). Après un assez long débat et à ma grande surprise, la motion fut adoptée à l’unanimité des Conseillers présents. Depuis, d’autres luttes contre les antennes-relais sont apparues à Montmartre et dans d’autres quartiers du 18e. Dans la mesure de nos capacités de mobilisation, nous essayons chaque fois d’être aux côtés des habitants et des salariés. C’est d’autant plus important que nous sommes la seule force politique à nous engager sur ce terrain.

Le seul projet de financement émanant du CQ Montmartre concerne l’installation d’un pigeonnier. Même si le contrôle de ces oiseaux en ville est un sujet important, cela pourrait paraître anecdotique, si l’UMP, à travers une de ses tribunes dans le journal de la mairie du 18, e n’avait décidé de dénoncer ce projet en me l’attribuant. Manque de chance pour eux, cette proposition que je soutenais en que Président du CQ, émanait en fait de l’ADDM18, une association qui compte plusieurs centaines de membres et qui est influente sur le quartier. Cela a valu à l’élu UMP auteur de ces lignes une volée de bois vert publique lors d’un récent Conseil de quartier de la part de la Présidente de l’ADDM18, beaucoup plus réservée d’habitude.

L’expérience nous montre que présider un Conseil de quartier que ce soit à Montmartre ou à Charles-Hermitte (5) aide non seulement de faire avancer nos idées et nos propositions, mais permet de nous faire connaître et de mettre un visage et des pratiques différentes derrière une organisation, Les Verts et une idéologie, l’écologie politique, qui demeurent encore bien floues pour nombre de nos concitoyens.

(1) Voir la chronique des innombrables articles parus dans certaines gazettes montmartroises dénonçant depuis cinq ans les « bittes » de la rue de l’Abreuvoir. L’auteur, membre du Conseil de quartier et l’un de nos principaux opposants allant à jusqu’à faire imprimer « bittologue » sur sa carte de visite !

(2) Les premiers mois Paris-respire commençait à Montmartre à 10h, mais, constatant qu’il y avait peu de voitures et peu de piétons et de cyclistes à cette heure, j’ai demandé et obtenu que l’opération soit repoussée d’une heure. Cela a également permis de montrer à un certain nombre d’opposants de bonne foi que j’étais ouvert au compromis. J’essaye maintenant d’obtenir que lors du passage à l’heure d’été Paris-respire se termine à 19h. Je demande également que le secteur autour de la rue André del Sarte et de la Halle Saint-Pierre soit inclus dans le périmètre de l’opération. Avec le soutien de Denis Baupin, j’ai bon espoir d’obtenir satisfaction sur ces deux points le printemps prochain, une fois les travaux du Quartier Vert terminés. Pour la prochaine mandature, je propose que nous nous battions pour obtenir l’extension de cette opération au samedi après-midi et que nous proposions que d’autres secteurs du 18e en bénéficient.

(3) Une de mes plus grandes satisfactions lors de ces discussions est d’avoir rallié à notre projet de nombreux commerçants. En particulier la principale association de commerçants de la Butte, celle des rues Lepic-Abbesses, dont le président, Thierry Campion est venu nous rencontrer lors d’une réunion du Groupe local du 18 à l’invitation d’Elise. Nous avons également tissé des liens avec l’association des commerçants du haut Montmartre qui, jusqu’à tout récemment, nous était violemment hostile suite à notre ancienne et victorieuse campagne pour obtenir l’interdiction de l’entrée des autocars de touristes sur l’ensemble de la Butte.

(4) Le budget initial du Quartier Vert Montmartre voté par le Conseil de Paris et financé dans le cadre d’un contrat entre la région et la ville avoisinait les trois millions d’euros. Cela peut sembler beaucoup, mais, il faut prendre en compte le fait que Montmartre compte 110 rues et que les travaux de voirie sont très chers (élargir un des deux trottoirs d’une seule rue de moyenne importance coûte environ 150 000 euros). Grâce au soutien de Denis, j’ai pu obtenir 600 000 euros supplémentaires.

(5) Situé à l’extrémité nord-est du 18e, Charles-Hermitte est le quartier où nous réalisons nos plus faibles scores électoraux. Ainsi, lors d’élections où nous dépassions les 30% dans certains bureaux des Abbesses, nous ne franchissions pas la barre des 5% dans ceux de Charles-Hermitte

III) LE CONSEIL DE PARIS

M’étant investi dans la coordination des élus Verts du 18e, je n’ai jamais sollicité de responsabilité dans la direction du Groupe des élus Verts au Conseil de Paris (GVCP). Par contre, j’ai tenu à être très présent tant au Conseil de Paris que dans les nombreuses réunions du GVCP qui précède chaque CP (une par semaine au début de la mandature, trois par mois actuellement). Dans cette assemblée où nous avons la balance de la majorité, l’unité des élus Verts est une nécessité absolue. J’ai toujours œuvré dans ce sens. Je l’ai fait parfois contre certains des animateurs de la tendance dans laquelle je me reconnais (RDV). Ce fut en particulier le cas lors des trois crises importantes qu’a connues le GCVP : la désignation, au début de la mandature, des Maires adjoints qui s’est faîte sans aucune discussion collective entre nous ; le brutal débarquement de la présidence de la SIEMP de Jean-François Blet décidé par Delanoë sans nous consulter ; plus récemment, le débat et les votes sur le PLU. Lors de chacune de ces crises, notre groupe a été au bord de la rupture, j’ai tout fait - avec quelques autres élus - pour éviter que cette catastrophe ne se produise. Elle n’a pas eu lieu...

J’ai également pesé pour éviter un trop grand alignement des élus Verts - tout particulièrement de nos adjoints - sur les positions de Delanoë. Cela n’a pas été évident au début de la mandature ; c’est plus simple aujourd’hui, à la fois parce que le Maire de Paris, poussé par nombre de barons de son parti, prend de plus en plus souvent des positions fort éloignées de nos propositions et que nous avons décidé de nous présenter aux prochaines élections municipales de mars 2008 sur des listes autonomes.

A) L’international

Au sein du GVCP, nous nous sommes répartis les tâches en fonction des commissions du Conseil de Paris. Après la réforme nécessaire intervenue en début de mandature, nous sommes passés de sept à neuf commissions. J’ai opté pour la 9e commission où j’ai été élu au poste de vice-président Elle a en charge, la culture, le patrimoine, la mémoire et l’international. La culture et le patrimoine dépendants d’un adjoint Vert jusqu’à la trahison de Christophe Girard et étant le seul écologiste à siéger dans cette commission, je me suis surtout concentré sur les questions internationales. (1)

(1) A ce titre, que je me suis beaucoup investi dans l’organisation du Forum Social Européen qui s’est tenu à Paris en 2003. J’ai constamment fait pression pour que la Ville soutienne logistiquement et financièrement ce forum altermondialiste qui a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes et où Les Verts ont été très présents.

a) L’AIMF

En 2001, lors de notre arrivée au Conseil de Paris, l’action internationale se résumait à un sigle : AIMF, Association Internationale des Maires Francophones. Une structure fondée par Chirac en 1979 pour conforter son image de présidentiable. Chirac, puis Tibéri ont présidé l’AIMF qui accaparait alors la quasi-totalité des faibles moyens dévolus par la Ville à ce secteur. Notre première bataille a été de rendre plus démocratique le fonctionnement de l’AIMF. Si nous n’avons pas réussi à ce que le nouveau Maire de Paris renonce à la Présidence de l’AIMF, nous avons obtenu que la subvention à cette association (1,7 millions d’euros en 2006) soit votée par le Conseil de Paris (ce qui n’était pas le cas avant 2001 où les subventions à l’AIMF et celles d’autres grosses associations n’étaient pas soumises à un vote spécifique). Cela s’est accompagné d’un rapport annuel qui détaille les activités de cette association longtemps opaque. De plus, à notre demande, la majorité de la subvention de la Ville de Paris qui servait auparavant à financer le fonctionnement de l’AIMF (en clair les salaires de gestionnaires alors très liés au RPR dont certains sont restés en poste 25 ans et les multiples frais de déplacements des maires francophones et de leur entourage pour des assemblées générales et des conférences organisées un peu partout dans le monde par l’AIMF (1)) sert aujourd’hui à financer des actions de coopération.

(1) J’ai participé à un seul de ces déplacements avec le Maire de Paris à l’occasion de l’Assemblée générale de l’AIMF à Dakar en novembre 2003. Discours convenus et petits-fours à tous les étages. Cela n’a aucun intérêt si ce n’est que j’ai profité de ce voyage pour prendre des contacts fructueux avec les Verts sénégalais.

b) La lutte contre le SIDA en Afrique

Le SIDA étant en train de devenir la pire épidémie qu’ait connue l’humanité et cette pandémie frappant tout particulièrement le continent africain, j’ai constamment œuvré pour que la Ville s’investisse dans cette course contre la mort. Partant du principe qu’il est obscène pour une majorité de Gauche et écologiste de donner plus d’argent au Paris Saint Germain (PSG, club de foot privé) qu’à la lutte contre le SIDA, j’ai proposé lors du premier budget de la nouvelle majorité que nous donnions l’équivalent de la subvention annuelle au PSG (3,6 millions d’euros) à la lutte contre le SIDA en Afrique. Je n’ai pas entièrement obtenu satisfaction - le contraire eut été étonnant - mais, j’ai arraché un million d’euros pour ce combat prioritaire.

Depuis, à chaque budget primitif (en décembre) ou supplémentaire (en juillet), je dépose un amendement pour faire augmenter cette somme. En juillet 2006, nous avons atteint les deux millions d’euros annuel. Même si cette somme est dérisoire (1) par rapport aux énormes besoins de l’Afrique pour lutter contre ce fléau tant dans le domaine de la prévention que dans celui des soins, je me réjouis que l’an passé ce budget ait permis de soutenir une trentaine de projets dans près d’une vingtaine de pays (aussi bien au Maghreb qu’en Afrique noire, surtout dans des pays francophones mais aussi dans des pays anglophones). D’avoir fait de la lutte contre le SIDA en Afrique le premier budget (devant celui de l’AIMF) du secteur international de la Ville est l’une de mes grandes fiertés de Conseiller de Paris.

(1) Pour mettre cette somme en perspective et pour montrer que nous pourrions faire bien plus dans ce domaine comme dans d’autres, il faut rappeler que le budget de Paris dépasse les six milliards d’euros et que la Fondation Bill Gates vient de verser 500 millions de dollars au fond mondial de lutte contre le SIDA.

c) Les Droits de l’Homme

Paris bénéficie d’un immense prestige dans le monde entier. Aussi les prises de position des élus qui dirigent cette ville peuvent, parfois, avoir de l’influence y compris sur des gouvernements qui méprisent plus ou moins ouvertement les Droits de l’Homme. J’ai déposé de nombreux vœux (au moins un à chaque Conseil de Paris) pour demander la libération de prisonniers politiques dans de nombreux pays (1), la grâce de condamnés à mort en Iran, au Tibet ou aux Etats-Unis ou pour dénoncer des persécutions contre certaines minorités ethniques ou sexuelles. La plupart de ces vœux ont été adoptés le plus souvent à l’unanimité. Il y a toutefois un sujet très difficile à aborder au Conseil de Paris : la situation au Proche-Orient. Aussi bien à l’UMP, au PS et encore davantage au MRC (2), les convictions sionistes de nombre d’élus de ces partis, ajoutées au clientélisme de beaucoup d’autres font que toute critique de la politique d’Israël déclenche de violentes attaques qui se transforment souvent en insultes. Pour contourner cet obstacle, j’ai décidé pour parler de ce pays de lire des textes souvent très virulents écrits par des pacifistes israéliens, officiers de réserve si possible. Si j’avais exprimé directement la moitié des critiques exprimés dans ces textes irréprochables, je me serais fait traiter d’antisémite par plusieurs élus de Gauche comme de Droite.

Pour faire avancer la cause des Droits de l’Homme dans le monde, nous n’avons pas utilisé que la procédure des vœux. Nous avons réactivé l’attribution du titre de Citoyens d’honneur de la Ville de Paris tombé en désuétude depuis plusieurs décennies. Ce sont les élus du PC qui ont eu l’idée pour Mumia Abou Jamal. Nous les avons soutenus et, en l’absence permanente d’élus communistes à la 9e commission, c’est moi qui est porté le vœu dans cette assemblée. La décision d’accorder cette distinction à ce militant noir étasunien condamné à mort pour un meurtre qu’il a toujours nié a eu beaucoup de répercussions outre-Atlantique. Mumia est toujours dans le couloir de la mort, mais la sentence n’a pas été exécutée.

La seconde à bénéficier de cette forme de soutien et de reconnaissance fut Ingrid Betancourt. La proposition de faire de la candidate des Verts aux élections présidentielles colombiennes une Citoyenne d’honneur de la ville a été adoptée à l’unanimité du Conseil. Delanoë a largement récupéré cette proposition que j’ai portée au nom des élus Verts et il ne manque jamais une occasion d’apporter son soutien aux nombreuses manifestations qui se déroulent à Paris en faveur de l’otage des FARC. J’ai participé à presque toutes. Le portrait d’Ingrid a été installé devant l’entrée de l’Hôtel de Ville et de plusieurs mairies d’arrondissement dont celle du 18e. L’automne dernier, il a été question que j’accompagne Delanoë dans un voyage en Colombie pour tenter de faire libérer Ingrid. Mais, devant les faibles chances de réussite, cette mission a été annulée.

Une autre victime de ses convictions écologiques, Iouri Bandajevski, fut le troisième à obtenir ce titre. Enfermé de longues années en Biélorussie pour avoir dénoncé les conséquences des retombées radioactives après la catastrophe de Tchernobyl, il est aujourd’hui libéré. Pendant qu’il était encore privé de sa liberté de déplacement à l’étranger, Pierre Schapira l’adjoint au Maire de Paris chargé des questions internationales et moi avons reçu son épouse - elle aussi chercheuse - qui le soutient dans son combat antinucléaire et nous lui avons remis le diplôme de Citoyen d’honneur de son mari. Elle nous a dit combien cette décision avait joué en faveur de la libération de son époux. Cela étant le soutien de la municipalité à Iouri Bandajevski a des limites. Ainsi, quand, il y a quelques mois, j’ai proposé que la Ville participe symboliquement à l’initiative de la CRIIRAD de financer un laboratoire indépendant pour que Bandajevski puisse poursuivre ses recherches, le Comité scientifique de la Ville de Paris a opposé son veto. Ce qui n’est guère étonnant lorsque l’on sait que ce comité créé par Delanoë sans aucune consultation est composé d’amis du Maire et de Claude Allègre (ancien Ministre socialiste et défenseur du nucléaire et de l’amiante) (3).

Quatrième - et dernière à ce jour - Citoyenne d’honneur de cette mandature : An San Su Kyi, opposante résolue et non-violente à la dictature birmane. J’ai fait cette démarche à la demande de Farid qui était, avant son déménagement en province, un adhérent des Verts du 18e et qui anime une organisation dénonçant le régime birman et ceux qui le soutiennent (en premier lieu la multinationale française Total). Avec Jacques Boutault, Maire Verts du 2e, nous avons aidé cette association à organiser des réunions et des projections tant à l’Hôtel de Ville qu’à la Mairie de Paris. Il faut dans ce cas reconnaître que la junte birmane a très largement ignoré ces initiatives et qu’An San Su Kyi est toujours en liberté très surveillée.

Toujours avec Jacques, nous avions également proposé que José Bové, alors incarcéré pour actes de désobéissance civile, soit également élevé au titre de Citoyen d’honneur. Devant la levée de boucliers de la grande majorité des élus socialistes, nous avons renoncé. C’est toujours plus difficile de prendre des risques politiques dans son pays qu’à l’étranger !

Même refus lorsque, avec Pénélope Komites, nous avons demandé que Cesare Battisti, ancien activiste d’extrême gauche italien menacé d’extradition par le Gouvernement français, bénéficie de cette distinction. C’est Delanoë en personne qui a refusé. Toutefois, sur proposition du regretté Alain Riou, alors Président du GVCP, nous avons obtenu que Battisti soit mis sous la protection du Conseil de Paris. Joignant les actes à la décision, Pénélope, Alain ou moi (ainsi que de temps en temps une élue PCF), chaque samedi matin pendant tout un été, nous avons accompagné Cesare à la Préfecture de Police pour qu’il puisse pointer en toute sécurité. Jusqu’au jour où Cesare toujours très ponctuel à nos rendez-vous hebdomadaires, n’est pas venu. Devant le risque de plus en plus important d’être extradé en Italie et incarcéré pour de longues années, Cesare a décidé de replonger dans la clandestinité. Depuis, nous n’avons eu aucune nouvelle si ce n’est, récemment, un livre où il raconte sa cavale et où il remercie les élus Verts de l’avoir soutenu dans cette épreuve (4). Je n’ai pas eu plus de succès avec un vœu cosigné avec Mylène Stambouli demandant que la placette située près du domicile où a été assassiné en 1978 Henri Curiel porte son nom. On a osé me rétorquer que ce militant anticolonialiste et anti-impérialiste était peut-être un agent du KGB, une calomnie qui a sans doute causé son assassinat (5).

Nous avons utilisé une autre arme non-violente pour dénoncer les atteintes aux Droits de l’homme : le boycott de chefs d’Etat. En effet, le protocole français prévoit que les chefs d’Etat en visite officielle en France et passant par Paris, doivent êtres reçus à l’Hôtel de Ville. Beaucoup de ces réceptions où j’ai très souvent représenté Les Verts sont folkloriques (Reine d’Angleterre, Roi d’Espagne...) ou concernent des pays qui font peu parler d’eux. Mais certains chefs d’Etat nous ont posé des problèmes éthiques. Ce fut le cas de trois d’entre eux. Le premier, par ordre chronologique, Bachar el Hassad, président syrien venait de faire une déclaration antisémite. Nous avons décidé de ne pas assister à la cérémonie et de le faire savoir (6)

Quand on nous a annoncé la visite de Poutine, président russe et bourreau du peuple tchétchène, nous avons décidé de monter d’un cran dans la protestation et de perturber la cérémonie. Comme les Conseillers de Paris ont le droit d’inviter quelques personnes à ces réceptions, nous avons fait mettre sur les listes d’invités des personnalités (André Glucksmann, Romain Goupil...) soutenant la cause tchétchène. Notre plan ayant été éventé, Delanoë m’a appelé et a appelé Alain pour que nous renoncions car il craignait que la visite soit annulée et, qu’ensuite, l’Hôtel de Ville ne fasse plus partie des obligations protocolaires. Comprenant que ni nous ni nos invités ne pourraient entrer dans l’Hôtel de Ville (7) et que nous allions nous fâcher définitivement avec le Maire, nous avons renoncé contre la promesse qu’une lettre de protestation des élus Verts serait remise à Poutine (ce qui fut fait) et qu’un geste serait posé ultérieurement en faveur de la cause tchétchène (nous attendons toujours).

Le troisième et pour l’instant dernier Chef d’Etat que nous avons boycotté est Hu Jintao, le dictateur chinois. En collaboration avec les associations de soutien au peuple tibétain, Alain et moi avons organisé une conférence de presse juste avant que le président chinois ne tienne son discours dans les salons dorés de l’Hôtel de Ville. Nous avons eu le plus grand mal pour obtenir du Maire l’autorisation d’organiser cette conférence. Après de longues négociations, nous avons pu inviter les journalistes dans l’annexe de l’Hôtel de Ville situé de l’autre côté du parvis. Nous avons conservé des liens avec les associations tibétaines. Elles étaient présentes au printemps dernier, lorsque nous avons dressé un drapeau tibétain devant l’Hôtel de Ville suite à un vœu adopté à l’unanimité que j’ai cosigné avec Patrick Bloche, président du Groupe des élus socialistes de l’Hôtel de Ville (une première) et défenseur de la cause tibétaine.

Nous aurions aimé accueillir comme il se doit Georges Bush. Malheureusement, ce partisan de la peine de mort qui condamne l’avortement, qui refuse de ratifier le protocole de Kyoto et qui a déclenché deux guerres en Afghanistan et en Irak, n’est jamais passé par Paris pour une visite d’Etat lors de ses deux (trop) longs mandats. Dommage...

(1) Le dernier en date étant notre camarade Claude Yabanda incarcéré en Centrafrique depuis plusieurs mois pour ses activités politiques.

(2) Certains Conseillers de Paris sont très engagés aux côtés d’Israël. Ainsi, l’élue MRC qui dirige la Commission internationale est l’épouse du principal organisateur des soirées de soutien à Tsahal en France.

(3) C’est ce même comité « scientifique » qui vient de rendre un rapport affirmant que la téléphonie mobile ne présentait aucun danger...

(4) Considérant que si nous prenions position pour que la page soit tournée sur les années de plomb italiennes, il fallait faire de même en France, Pénélope et moi avons déposé un vœu en faveur de la libération des cinq militants d’Action Directe incarcérés depuis une vingtaine d’années et pour la plupart d’entre eux très malades (Joëlle Aubron est décédée depuis). La violence de la réaction des élus PS nous a stupéfié. Je n’ai jamais vu autant de haine chez des hiérarques socialistes

(5) Alors que le Maire de Paris répond presque toujours favorablement aux demandes des élus PCF en faveur de la pose de plaques en l’honneur de résistants communistes qui, dans leur immense majorité, ont soutenu le régime stalinien.

(6) Il est regrettable qu’à l’occasion de cette visite un Conseiller d’arrondissement Verts du 20e ait décidé de son propre chef et sans avertir personne de venir perturber la cérémonie. Ce qui lui a valu une expulsion très musclée que nous avons dénoncée.

(7) Lors de ces visites de chefs d’Etat, l’Hôtel de Ville est transformé en bunker. La quantité de forces de l’ordre déployées est inversement proportionnelle avec le niveau de liberté du pays concerné.

B) Autres domaines d’intervention

­ Les questions internationales ont accaparé beaucoup de mon temps et de mon énergie au Conseil de Paris, mais je suis intervenu plus ou moins régulièrement sur d’autres sujets. A commencer par la reprise des vœux Verts adoptés ou rejetés par le Conseil du 18e. Exception faite de ceux concernant l’urbanisme (hors Montmartre) qui ont été relayés par François, j’ai présenté la grande majorité de nos vœux locaux. Réussissant parfois, après négociations, à faire adopter des textes refusés en mairie d’arrondissement (1). Mais je suis également intervenu sur de nombreux autres dossiers : lutte contre l’extrême droite, développement du bio dans les cantines, le pacifisme et l’antimilitarisme, dénonciation du sport de compétition, laïcité, les 4X4 en ville... Sur d’autres sujets qui me tiennent à cœur j’ai souvent cosigné des vœux avec d’autres Conseillers de Paris Verts qui avaient la charge de ces secteurs ; c’est le cas en particulier de la toxicomanie où j’ai travaillé en collaboration avec Véronique Dubarry ou des Quartier Verts et des opérations Paris-respire où j’ai collaboré avec Charlotte Nenner et Jacques Boutault.

(1) Récemment, en l’absence d’élus socialistes du 18e dans l’hémicycle, j’ai même eu le plaisir de présenter un vœu de la municipalité proposant des aménagements de voirie dans le cadre du passage de la ligne 60 en Mobilien. Ce qui m’a permis de commencer mon intervention qui s’adressait à Denis Baupin, le Maire adjoint concerné par ces mots qui ont fait sourire l’assistance : « Vous connaissez l’engagement et l’enthousiasme du maire du 18e en faveur du Mobilien 60... »

a) Lutte contre l’extrême droite

En tant que Président de la Commission des Verts contre l’extrême droite, je me devais d’être particulièrement vigilant et actif sur ce sujet. Ma première et longue bataille concerne l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Cela fera 30 ans l’an prochain que cette très belle et grande église située en plein cœur de Paris (à côte de la Mutualité) est occupée par des intégristes catholiques. Ce qui me laisserait de marbre, si cette église n’était pas devenue l’un des principaux lieux de ralliement de l’extrême droite française. Cette église, comme tous les bâtiments cultuels bâtis avant 1905, appartient à la Ville de Paris qui assure son entretien. Me basant sur deux jugements (jamais exécutés) demandant l’expulsion de ces occupants sans droits ni titres et sur les prises de position très fermes de Delanoë allant dans le même sens lorsqu‘il dirigeait l’opposition municipale, j’ai rédigé un vœu demandant au Préfet de Police de faire enfin évacuer cette église. A ma grande surprise et pour des raisons que j’ignore toujours, Delanoë a demandé le rejet de ce vœu. Mais, pour la seule fois de cette mandature, les élus socialistes n’ont pas suivi l’avis du Maire qui a été de ce fait mis en minorité. Poursuivant mes investigations, je me suis rendu dans cette église à plusieurs reprises (1). Au cours de l’une d’entre elles j’ai trouvé un article clairement antisémite dans le journal de la Fraternité Saint-Pie X l’association qui regroupe les occupants de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. J’en ai fait rapport au CP suivant et j’ai transmis le journal au Procureur de la République. Nouvelle surprise (mais bonne cette fois), le procureur a porté plainte et le rédacteur de l’article ainsi que le directeur de la publication ont été condamnés pour appel à la haine raciale. Toujours au cours de ces visites, j’ai découvert au fond de l’église une stèle dédiée aux combattants pour l’Algérie française. Comme elle a été construite sans autorisation, j’ai demandé sa destruction par le biais d’un vœu qui a été adopté malgré les atermoiements de quelques adjoints socialistes, anciens pieds-noirs, qui ont un rapport plus qu’ambiguë avec cette période tragique de notre histoire.

Une ambiguïté que j’avais pu constater en début de mandature, lorsque nous avons convaincu le Maire de la nécessité d’apposer une plaque en mémoire du massacre d’Algériens commis le 17 octobre 1961. Il a fallu batailler longuement avec ces adjoints mais surtout avec Georges Sarre, Président du groupe MRC, qui a refusé jusqu’au bout une formulation qui aurait logiquement qualifié cette féroce répression qui fit entre 50 et 200 morts de crime d’Etat.

J’ai également interpellé le Préfet de Police qui siège aux côtés du Maire lors des Conseils de Paris, sur la tenue de Fêtes de l’identité organisées en plein Paris par des groupes néonazis. M’appuyant sur un choix de date particulièrement scandaleux (l’anniversaire de la Nuit de cristal, le premier pogrom antijuifs organisé par les nazis en Allemagne après leur prise du pouvoir) et par le fait que plusieurs des organisateurs avaient été condamnées pour violences ou révisionnisme, j’ai demandé l’interdiction de ces rassemblements. Le Préfet en ayant décidé autrement, je me suis rendu à plusieurs reprises à des manifestations d’opposants à ces rassemblements.

Lorsque Claude Goasguen a été élu Président du groupe UMP après la démission de Philippe Seguin, je suis intervenu par voie de communiqué de presse et d’interventions dans l’hémicycle pour rappeler que ce député du 16e est un ancien militant du groupe d’extrême droite Occident très actif (et très violent) dans les années 60. Comme il déteste qu’on lui rappelle ce passé sulfureux et bien que cette information ait été publiée dans divers ouvrages, Goasguen hurle à chaque fois que j’y fais référence disant qu’il va me traîner devant les tribunaux pour diffamation. J’attends toujours...

L’extrême droite en France ne se cantonne pas aux traditionalistes catholiques ou aux païens identitaires. Elle prend parfois d’autres visages. Sur son versant juif, elle porte le nom de Betar ou de Ligue de Défense Juive (LDJ) (2). Lors d’un récent CP, j’ai dénoncé le financement par la ville d’un club sportif communautaire qui affiche dans de ces activités, le krav maga. Bien que le krav maga ne soit pas un sport mais la technique de combat à mains nues de l’armée israélienne et que ces clubs servent de points de ralliement et de lieux de recrutement au Betar et à la LDJ, l’adjoint au sport, l’inénarrable Cherki, a refusé que l’on enlève la référence au krav maga dans la délibération.

(1) Une de mes visites s’est faîte dans le cadre d’une délégation d’élus et de fonctionnaires chargés de constater l’état des lieux. Cette visite annoncée à l’avance était conduite par un des prêtres traditionalistes qui nous a expliqué longuement son apolitisme. Argument légèrement écorné lorsque nous avons découvert sur une table de son domicile plusieurs numéros de Présent le journal du Front National auquel il était abonné.

(2) Ce sont de militants proches de cette mouvance qui ont agressé Noël Mamère et sa femme dans le Marais lors des dernières élections présidentielles.

b) Pacifisme et antimilitarisme

Objecteur de conscience et longtemps animateur de groupes antimilitaristes, je suis demeuré très sensibilisés aux questions militaires, une thématique que Les Verts négligent un peu trop à mon avis. A priori, l’armée et la défense ne font pas partie du domaine de compétence de la Ville de Paris. Du moins, le pensions-nous avant notre élection et c’est pour cette raison que notre accord de deuxième tour ne fait aucune allusion à cette question. Ce fut une erreur, car nous avons été plusieurs fois confrontés à de très fortes divergences sur ce sujet avec nos partenaires socialistes. Divergences renforcées par le fait que Delanoë est un ancien pilier de la Commission défense du Sénat et un militariste convaincu.

La première déconvenue s’est déroulée peu de temps après notre élection. Nous avons appris en recevant un carton d’invitation que le Maire de Paris organisait une réception à l’Hôtel de Ville dans le cadre du parrainage du porte-avion nucléaire Charles De Gaulle. Renseignements pris, il s’agissait d’honorer un engagement de la précédente municipalité. Mais, comme rien ne l’obligeait à le faire, nous avons demandé à Delanoë de renoncer à cette cérémonie qui pour Les Verts était une véritable provocation. Nous n’avons reçu aucune réponse et la réception s’est déroulée sans notre présence. A cette occasion, j’ai rédigé au nom du groupe un communiqué de presse intitulé « Ni parrains, ni marins pour le Charles De Gaulle. »

Mais la saga des relations entre notre ville et cet engin de destruction massive n’était pas finie. Car, chaque année, est soumise au vote l’adhésion de notre cité à l’Association des villes marraines du Charles De Gaulle. La somme est dérisoire (environ 2 000 euros), mais c’est pour nous inacceptable que ce genre de décision nous soient imposée par un vote commun du PS et de la Droite (1). Chaque année, j’interviens pour expliquer pourquoi nous votons contre. Comprenant que Delanoë ne renoncerait jamais à cette adhésion, j’ai obtenu au moment de l’adoption du budget 2004, que cette délibération ne soit plus soumise au vote. La promesse a tenu 18 mois. Sous prétexte que le règlement de l’Association des villes marraines du Charles De Gaulle impose une décision publique, la délibération nous a été de nouveau soumise en 2006 au moment où le Clemenceau, autre fleuron de la Marine nationale, faisait la une des journaux après son pitoyable mais très coûteux périple dans les mers du Sud. A la fin d’une réunion interne des élus de la majorité, j’ai interpellé Delanoë sur ce reniement. Il m’a répondu sèchement par une phrase qui en dit long sur ses convictions : « J’ai quand même le droit d’être pour le nucléaire » (2)

Je suis également intervenu à plusieurs reprises pour que la Ville aide davantage des associations pacifistes. Ainsi, durant l’été 2005, le Mouvement de la Paix, une organisation historiquement proche du PCF, souhaitait amener de jeunes Parisiens à Hiroshima pour la commémoration du 60e anniversaire de l’explosion de la première bombe atomique (3). La Ville avait décidé de leur accorder que la moitié de la somme demandée pour participer au financement de ce voyage. J’ai fait un amendement rétablissant l’entièreté de la somme réclamée par le Mouvement de la Paix. Comme, à notre grande surprise, la Droite a soutenu cet amendement (moins par conviction que pour mettre en difficulté la majorité), il a été adopté. Le plus savoureux dans cette affaire c’est que l’adjointe chargée de repousser l’amendement finalement adopté n’était autre que Clémentine Autain, apparentée PCF, qui était absolument furieuse de cette situation. Par la suite, j’ai reçu un message de félicitations du Mouvement de la Paix et ai été invité à leur congrès.

Il nous a fallu aussi nous battre dans le domaine de la mémoire militaire. C’est pour cela que si nous assistons à un certain nombre de commémorations (8 mai, 18 juin, libération des camps...), nous boycottons le 11 novembre qui glorifie l’affreuse boucherie de 14-18 (4) ou le défilé militaire du 14 juillet (5). Je suis également intervenu au CP pour m’opposer à des subventions versées à certaines associations d’anciens combattants. En particulier quand elles sont destinées à des regroupements proches de l’extrême droite comme l’Union Nationale des Parachutistes ou à des associations aussi improbables que les anciens des services secrets (ma question pour savoir si les faux époux Turange qui ont coulé le Rainbow Warrior de Greenpeace étaient membres de l’association n’a jamais reçu de réponse) (6). Le cabinet du Maire m’a promis un « toilettage » des associations d’anciens combattants. J’espère qu’il aura lieu cette année...

Si, fort heureusement, la Ville de Paris ne vend pas d’armes, son Maire entretient des rapports très étroits avec un personnage qui doit sa fortune et celle de sa famille à cet ignoble commerce : Arnaud Lagardère. L’amitié entre les deux hommes a commencé lors de la pitoyable candidature de la Ville de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques (JO) de 20012 (voir ci-dessous). L’héritier Lagardère ayant alors endossé l’habit de Président du club des entreprises soutenant ce projet. Malgré l’échec de la candidature de Paris, le marchand d’armes et propriétaire de nombreux médias (Europe 1, Le Journal du Dimanche, Paris-Match, Le Monde...) ne doit pas regretter son engagement auprès de Delanoë. Après le stade Jean Bouin, il vient en effet d’obtenir la concession de la Croix Catelan et est en passe de récupérer la piscine Molitor (sans parler de son entrée récente dans le capital de la Tour Eiffel via LVMH, la multinationale du luxe dont Christophe Girard est l’un des dirigeants). Nous sommes en train d’assister à une véritable vente à la découpe des équipements sportifs de luxe de l’Ouest parisien au profit de celui qui se présente comme un grand ami de Sarkozy (quand on vend des armes, il vaut mieux avoir des relations dans les deux camps).

(1) Contrairement à ce que tentent souvent de faire croire les Socialistes, durant cette mandature, Les Verts ont beaucoup moins souvent reçu le soutien de la Droite, que le PS.

(2) J’ai, à plusieurs reprises, interpellé publiquement Delanoë. Le moins que l’on puisse écrire c’est qu’il n’apprécie guère. Mais qu’importe. Je l’ai fait récemment lors du lancement du chantier du futur espace musical Fleury (Goutte d’Or) où le Maire de Paris, en pleine querelle sur le PLU, reprochait aux Verts de refuser la construction de logements sociaux pour des infirmières dans le 16e arrondissement en oubliant de préciser que l’emplacement qu’il avait choisi pour ces logements était un jardin.

(3) A cette occasion, la Municipalité, avec notre soutien, a organisé une très belle et émouvante exposition à l’Hôtel de Ville sur les conséquences de l’explosion atomique d’Hiroshima avec la présence, lors de l’inauguration, du Maire de cette ville martyr. Dans ce domaine aussi, il est plus facile de dénoncer l’armement atomique des autres que de s’attaquer à l’arsenal de mort entretenu et développé par son propre pays.

(4) Une de mes plus belles soirées de cette mandature fut celle organisée par Danielle et Pascal à la Mairie du 18e à l’occasion d’un 11 novembre où nous avons pu échanger avec plusieurs artistes pacifistes et antimilitaristes.

(5) J’ai soutenu ma collègue Nicole Azzaro qui a eu la bonne idée de demander à l’armée française de rembourser les dégâts occasionnés à la voirie parisienne par des chars lors d’un défilé du 14 juillet.

(6) Je buvais du petit-lait quand Alain, à l’occasion de l’attribution du nom de François Mitterrand à un quai de Paris, plaidait pour que le quai d’en face porte le nom de Fernando Pereira, le photographe assassiné lors de l’attentat commandé par Mitterrand contre le Rainbow Warrior.

c) Laïcité

Profondément athée, considérant que les religions sont des sectes qui ont réussi, mais ne souhaitant pas faire de la laïcité une nouvelle religion, j’ai toujours trouvé que les positions prises par nos alliés sur ces questions étaient plus qu’ambiguës, très inégalitaires et pour tout dire, manquaient de courage et de clarté. Pour résumer et mettre les pieds dans le plat : pour être soutenu par notre collectivité, il vaut mieux être Catholique ou Juif que Musulman ou Raélien.

Nous avons pu vérifier cela à de multiples occasions. Ainsi lorsque j’ai repris au Conseil de Paris le légitime combat mené par Pascal contre le financement des crèches Loubavitch par la Ville. Les attaques de Droite comme de Gauche furent virulentes. Et ma collègue Violette Baranda qui intervenait également sur ce sujet qui concerne aussi le 19e arrondissement fut traité d’antisémite ! Alors que nous le répétons, nous n’avons rien contre l’existence crèches Loubavitch, mais ne voulons pas que ces institutions où, de fait, il n’est pas possible de s’inscrire si l’on n’est pas Juif, soient financées par des fonds publics. De même, nous avons été très surpris d’apprendre que depuis plusieurs années la Ville avait passé un contrat pour financer l’équipement de groupes de protection de lieux liés à cette communauté. Nous sommes les seuls à nous y opposer en expliquant que s’il y a des menaces, c’est à la police d’assurer la défense de ces sites pas à des milices d’autodéfense communautaires. On imagine le tollé si de jeunes Musulmans demandaient des subventions pour protéger des mosquées, elles aussi menacées...

Quand la Ville de Paris et tout particulièrement le Maire du 18e comprend enfin qu’il est indigne que des centaines de Musulmans de la Goutte d’Or doivent chaque vendredi prier dehors faute de trouver de la place dans des mosquées de fortune, il propose de financer la construction d’un nouveau lieu de prières. Fort bien. Mais au lieu de le faire ouvertement en tenant compte des contraintes de la loi de 1905 (1), ils avancent masqués en essayant de dissimuler le lieu de culte derrière un Centre des cultures musulmanes aux contours nébuleux.

Mais, le pire dans ce domaine a été atteint lorsque, il y a quelques semaines, répondant à une demande de l’UMP, Delanoë a accepté de rebaptiser du nom de Jean-Paul II, l’esplanade située devant Notre-Dame de Paris. Pour la première fois, le Maire de Paris et une partie des élus socialistes (2) ont fait alliance avec la Droite contre toutes les autres composantes de la majorité (PRG, MRC, PCF et Verts) qui s’opposaient à cette décision. Je suis intervenu au nom des écologistes dans ce débat houleux. J’ai, en particulier, souligné combien il était scandaleux d’honorer un homme qui, par ses prises de positions constantes contre le port du préservatif, est indirectement responsable de millions de contaminations par le VIH. L’inauguration de l’esplanade Jean-Paul II est prévue le 3 septembre. A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes en train de la préparer à notre manière...

(1) Dont Vaillant a célébré le centenaire dans le 18e à coup de feux d’artifices aussi inutiles que coûteux.

(2) Plusieurs élus socialistes ont eu des problèmes urinaires au moment du vote...

d) Le sport de compétition

Peu intéressé par cette question avant mon élection, je ne pensais pas à devoir m’y intéresser autant au cours de mon mandat. Mais dès l’un des premiers Conseils de Paris, nous avons été confrontés au vote de la subvention du PSG. J’en ai profité pour dénoncer le racisme entretenu autour cette équipe par des hooligans d’extrême droite (1). Comme cela durait depuis des années et qu’il nous semblait de plus anormal de financer à hauteur de plusieurs millions d’euros par an un club sportif privé, Alain et moi avons déposé un amendement demandant une baisse sensible de cette subvention. PS, PC, MRC, UDF et UMP se sont unis pour le repousser. Comprenant qu’aucun compromis n’était possible sur ce dossier, j’ai, après discussion avec le groupe, proposé et obtenu que nous nous battions pour faire supprimer totalement cette subvention et que l’argent qui serait ainsi économisé puisse être versé aux clubs sportifs amateurs (2). Heureusement, l’Europe a décidé de plafonner le montant des aides qu’une collectivité locale peut accorder à un club sportif. Ce qui a fait diminuer quelque peu la subvention qui se monte encore au plafond autorisé à savoir 3,6 millions d’euros. Le populisme et la démagogie des autres forces politiques sont tels dans le domaine du sport spectacle que nous n’aurons probablement satisfaction dans ce dossier que quand le PSG sera côté en bourse (ce qui interdit tout versement de subventions publiques) ou quand un Vert deviendra Maire de Paris...

L’autre grand dossier dans ce domaine fut bien sûr la candidature de Paris à l’organisation des JO de 2012. Ce sujet n’avait absolument pas été abordé lors du contrat de mandature 2001. Tibéri s’était lancé, pour des raisons électorales, dans l’aventure pour les Jeux de 2008 et nous savions que la décision qui allait être prise quelques mois après notre élection par le Comité International Olympique (CIO) serait négative et que c’est la Chine - le plus gros marché à conquérir par tous les sponsors du monde entier - qui allait décrocher la timbale. Notre pronostic s’avéra juste. Par contre, nous n’avions absolument pas prévu que Delanoë, probablement en quête d’un destin national, allait remettre le couvert et se lancer dans la course pour 2012. A ma grande surprise et à mon grand regret, une courte majorité du GVCP se prononça en faveur de l’organisation des JO à Paris. Pourtant, il me semblait évident que les valeurs (compétition, nationalisme) et les pratiques (argent, dopage, gaspillage) véhiculées par les Jeux au XXIè siècle étaient contradictoires avec nos convictions écologistes. Heureusement, Charlotte eut la bonne idée de déposer une motion à l’AG des Verts Ile-de-France s’opposant à l’organisation de JO dans la capitale de la France. Elle fut votée à une assez large majorité. Forts de cette décision démocratique qui aurait dû s’imposer à tous les élus de notre parti, Charlotte et moi nous sommes lancés à l’assaut de cette candidature soutenue alors par l’ensemble des forces politiques présentes au CP. Au départ, Delanoë et les principaux soutiens à cette candidature méprisèrent nos prises de position. Mais, lorsque Le Monde publia une tribune que nous avons cosignée avec Bernard Maris (l’Oncle Bernard de Charlie Hebdo) et intitulé « Des JO à Paris ? Non merci... », la riposte fut musclée. Elle pris la forme d’une réponse d’un Delanoë très courroucé publiée dès le lendemain à la une du même journal. Après ce qu’il considérait comme une trahison et un affront, Delanoë, avec qui j’entretiens des rapports généralement cordiaux, ne m’a plus dit bonjour pendant plusieurs mois. Car, nous avions réussi à briser le consensus et la polémique était lancée. Dès lors, Charlotte et moi avons été interviewée par de multiples medias (y compris des émissions de télé aussi populaires qu’On a tout essayé). Et bien que nous étions conscients qu’une majorité de Parisiens soutenait cette candidature, nous avons reçu beaucoup de messages d’encouragement qui montraient qu’une forte minorité - sans doute une majorité dans l’électorat écolo - rejetait ce projet. Pendant ce temps, la position du GVCP avait évolué. Le vote de l’AG des Verts Ile de France, mais surtout le fait que pendant de longs mois, toutes les interventions du Maire et de son entourage faisaient systématiquement référence à la perspective d’obtenir les JO (3), avaient douché l’enthousiasme de certains d’entre nous et nous avons obtenu que la position du groupe évolue vers une abstention qui était le seul vote pouvant être à la fois consensuel au sein du GVCP et acceptable par Les Verts et notre électorat.

Outre mon opposition à cette candidature, j’avais exprimé à plusieurs reprises des doutes sur les certitudes du Maire et de nombreux élus (y compris Verts) d’obtenir les Jeux de 2012. Tout le monde affirmait que Paris avait le meilleur dossier. Même si cela était sans doute vrai, le CIO est un panier de crabes qui n’a jamais fonctionné de manière démocratique. De ce fait, contrairement à beaucoup, je ne fus pas surpris par la désignation de Londres. J’en fus même très heureux, tout en compatissant avec nos camarades écolos britanniques qui s’étaient mobilisés bien davantage que nous contre la candidature de la capitale de leur pays. Avec le recul, je ne regrette absolument pas d’avoir défendu cette position. D’autant plus qu’un des principaux arguments que l’on me rétorquait et que j’ai toujours réfuté - si nous n’avons pas les JO, plein de projets utiles aux Parisiens ne pourront pas se réaliser à commencer par le prolongement du tramway vers la Porte de la Chapelle - s’est révélé faux. Non seulement le tramway sera bien prolongé, mais comme son parcours n’est plus conditionné par l’emplacement des sites olympiques, il est fort probable que, comme l’ont demandé les élus Verts du 18e rejoints par Vaillant, Caresche, Lepetit et les élus de Seine-Saint-Denis, le tramway sera prolongé bien au-delà de la Porte de la Chapelle (nous espérons jusqu’à la Porte Pouchet). Ce qui permettra de requalifier les quartiers les plus populaires du Nord de Paris à l’instar de ce qui vient d’être fait dans le Sud. Il en est de même pour d’autres projets au départ liés au JO comme l’aménagement du site des Batignoles ou celui du secteur de la porte de La Chapelle qui verront le jour, même s’il faudra peut être attendre quelques années de plus, car la loi prévue dans le cadre des JO pour accélérer (et donc bâcler) les enquêtes publiques ne sera heureusement jamais adoptée.

(1) Un seul exemple de l’extrémisme de certains supporter du PSG : Lors d’un match à l’extérieur, des hooligans de ce club ont bombé sur le mur de la tribune où ils ont assisté au match : « Hitler est notre maître ! »`

(2) Ce qui éviterait, par exemple, d’avoir besoin du parrainage de Nike pour financer une pelouse synthétique dans le square Léon (Goutte d’Or). Un projet de partenariat public-privé avec une multinationale aux pratiques contestables auquel Les élus Verts du 18e se sont fortement mais vainement opposé.

(3) La propagande était elle que, lorsque la Ville fit, comme chaque année, imprimer fin 2004 des cartes de vœux pour les Conseillers de Paris, elle ajouta la mention « Paris 2012 » à l’intérieur, sans demander leur avis aux élus. Refusant de servir de propagandiste d’un projet que je combattais, j’ai fait réaliser (à mes frais) un tampon NON AU JO ! que j’ai utilisé sur toutes mes cartes. Ce tampon a servi d’autres élus Verts qui partageaient mes positions sur ce sujet.

e) Environnement

Cela ne surprendra personne d’apprendre que beaucoup d’élus Verts au CP interviennent sur les questions environnementales. Aussi, pour éviter les redondances, je suis peu intervenu sur ces sujets pourtant au cœur de notre projet. Toutefois, il y a deux questions relevant de ce domaine où j’ai fait entendre ma voix dans l’hémicycle : le bio dans les cantines scolaires et l’interdiction des 4X4 à Paris.

Pendant la campagne des municipales, j’avais eu l’idée de lancer une pétition des Verts 18e demandant que l’ensemble des aliments servis dans les cantines scolaires soit issu de l’agriculture biologique. En quelques jours, nous avons récolté des centaines de signatures de parents d’élèves. Une fois élu, je suis intervenu - souvent avec Jacques (1) - à plusieurs reprises au CP pour faire avancer cette cause. Nous ne sommes pas arrivés - loin de là - à remplir notre objectif du fait des réticences de certains élus (2), mais aussi de l’autonomie (légitime) des Caisses des écoles de chaque arrondissement. Toutefois, nous avons obtenu que des financements supplémentaires de la Ville soient accordés aux arrondissements qui font des efforts dans l’offre de produits bio et que les goûters proposés aux enfants restant après les cours soient issus de l’agriculture biologique. Ce dernier point est d’autant plus important que l’on sait que les jeunes qui demeurent à l’école après la fin des cours sont le plus souvent issus de familles aux revenus modestes qui ont rarement les moyens d’offrir des produits bios à leurs enfants.

C’est en 2004, après avoir participé aux côtés d’associations de défense de l’environnement à la remise du prix Tuvalu (une île du Pacifique dont l’existence est menacée par la montée des eaux due au réchauffement climatique) à un 4X4 de la marque Mercedes qui consomme 23 litres au 100 en ville, que j’ai eu l’idée de proposer un vœu demandant leur interdiction à Paris. Je savais bien que notre assemblée n’avait pas ce pouvoir, mais c’était un moyen de s’attaquer à un type de véhicules alors en pleine expansion (3). Après quelques amendements formels et avec le soutien de Denis, le vœu a été adopté par le CP. Comme beaucoup d’autres de nos vœux, l’affaire aurait pu en rester là et, dans l’attente dune modification législative pour le moment hors de notre portée, demeurer comme trop souvent un « vœu pieu ». Mais sans que je puisse expliquer pourquoi, les medias se sont emparés de l’affaire. J’ai ensuite répondu aux questions de dizaines de journalistes français mais surtout étrangers. Ce sont en particulier les medias des pays anglo-saxons et nordiques d’Europe et des Etats-Unis où l’utilisation massive des 4X4 fait de plus en plus débat, qui se sont intéressé à ce sujet (4). Le Plan de Déplacement de Paris actuellement en (difficile) gestation à l’Hôtel de Ville devrait intégrer des mesures qui permettront de restreindre la circulation à Paris des véhicules les plus polluants dont font partie une grande majorité de 4X4.

(1) Qui est de loin le Maire d’arrondissement qui a le meilleur bilan sur ce sujet (comme dans d’autres). Dans le 18e, grâce aux interventions de Syrine, Pascal et Thierry qui nous représentent à la Caisse des écoles, nous avons progressé avec des mesures importantes comme du pain bio à tous les repas, mais nous sommes encore loin du compte.

(2) Je me souviens d’une des rares interventions du Professeur Cabrol, éminent cardiologue devenu Conseiller de Paris UMP légèrement sénile, qui osa demander dans une question écrite au Maire « s’il est assuré que les produits "bio" en général ne font courir aucun risque à la santé, notamment à celle des scolaires ? »

(3) Cette année-là, les 4X4 représentait près des 20% des ventes d’automobiles en France. Aujourd’hui, avec l’heureuse montée du prix de l’essence, l’engouement est quelque peu retombé, mais est loin d’avoir disparu.

(4) Deux ans plus tard, l’intérêt des medias est retombé mais pas totalement puisqu’il y a quelques jours, j’ai été invité pendant une heure sur France Inter pour débattre de ce sujet avec le président de la Fédération française de 4X4 (eh, oui ça existe).

IV) CONSEILS D’ADMINISTRATYON ET JURYS

Avant mon élection, je savais que les Conseillers de Paris devaient représenter la Ville dans un certain nombre de Conseils d’Administration (CA). Mais j’ignorais leur nombre et jamais je n’aurai imaginé devoir siéger dans une vingtaine de CA et dans une dizaine de jurys d’architecture (1). Même si c’est une importante surcharge de travail pour l’élu, cela lui permet de mieux connaître et souvent de découvrir les fonctionnements internes d’organismes aussi divers qu’un hôpital, une université, une association de lutte contre le cancer ou un grand théâtre parisien. Certains organismes ont un CA tous les trimestres (avec parfois des réunions annexes qui peuvent atteindre à certains moments un rythme hebdomadaire), d’autres une fois par an (2). Dans la mesure du possible, j’ai essayé de participer à un maximum de CA et jurys. Cela est parfois rendu impossible car plusieurs de ces CA se déroulent à la même heure ou pendant un CP ou un jour où l’on travaille. Rassurez-vous, je ne vais pas évoquer mon activité dans tous les CA et jurys où je siège, simplement dans ceux qui m’apparaissent les plus importants en essayant de les regrouper par secteur d’activités.

(1) Les membres des CA et des jurys sont élus à bulletins secrets par le CP. Mais pour éviter d’inutiles conflits, la répartition se fait à l’avance selon une règle entre majorité et opposition (par exemple s’il y a trois Conseillers dans un CA, il y en a deux de la majorité et un de l’opposition). Au sein de la majorité la répartition se fait à la proportionnelle (dans le cas cité auparavant, parmi les deux représentants de la majorité il y a un PS et un Verts). Au sein des Verts, la répartition se fait sur la base du volontariat suivant les centres d’intérêt et les domaines d’intervention de chacun ; la plupart des désignations se sont faites sur la base d’un consensus, mais, certaines ont nécessité débats et votes au sein du GVC.

(2) Il y a même un organisme où j’ai été désigné - le Comité départemental de la Sécurité routière - qui, pour des raisons que je n’aie jamais pu élucider, ne s’est jamais réuni depuis 2001.

A) Culture

En tant que vice-président de la commission ayant en charge la culture, c’est dans ce domaine où j’ai été désigné dans un maximum de CA. Mes connaissances du milieu cinématographique (1) m’ont amené à siéger dans des institutions liées au monde de l’image comme la Maison du Geste et de l’Image (MGI) ou le Forum des Images.

La MGI est un organisme de formation en direction des scolaires de Paris. Située près des Halles, cette institution forme chaque année des centaines d’élèves aux techniques de la vidéo et d’autres formes d’expression. Fondée par Chirac, elle est dirigée par l’ancienne épouse d’Alain Juppé, inspectrice de l’Education Nationale et spécialiste reconnue de l’image. Etant souvent le seul Conseiller à siéger dans ce petit CA qui se réunit une fois par an, mon rôle consiste essentiellement à expliquer les orientations de la ville qui a diversifié (pas assez de mon point de vue) ses champs d’intervention dans le domaine culturel. Ce qui implique dans le cas de la MGI, une incapacité d’augmenter notre subvention et notre souhait que cet organisme, soutenu à plus de 90% par la Ville, trouve d’autres sources de financements publics (région, éducation nationale, DRAC..).

Le Forum des Images qui lui aussi se situe dans le quartier des Halles est un organisme beaucoup plus important. Pendant plus de trois ans, aucun élu Verts ne siégeait dans son CA. J’y ai été désigné récemment à l’occasion d’une augmentation du nombre des membres de son CA. Présidé par Pierre Tchernia, ce CA regroupe beaucoup de professionnels du CA dont certains que je connais bien. Pour l’instant notre tâche est d’accompagner la délicate période de fermeture du Forum (qui doit s’achever en mars 2007) pour réfection complète. Elle doit permettre principalement de passer de l’ère de la K7 à celle du DVD.

Toujours situé dans le centre de Paris où se concentre une grande partie des institutions culturelles de la Ville, le Théâtre de la Ville est un lieu ancien (fondé par Sarah Bernard) et connu dans le monde entier en particulier par ses spectacles de danse contemporaine et de musique du monde (2). Lui aussi entièrement financé par la Ville cette institution qui, malgré un taux de remplissage supérieur à 90% dans ses deux salles, accapare beaucoup de subventions. Dans ce CA qui se réunit une fois par an dans l’immense loge de la fondatrice du théâtre (il y a toujours sa baignoire) et où siège de nombreuses personnalités du monde de la culture, l’essentiel des débats tourne autour - ici aussi - du montant de la subvention de la ville et des « scandales » provoqués par certains spectacles très avant-gardistes.

Le dernier organisme culturel où je siège en tant que représentant du Maire de Paris est situé en plein coeur de Montmartre. Il s’agit de la Halle Saint-Pierre. Installé sous un ancien marché couvert, ce musée spécialisé dans l’art brut et l’art naïf a été voulu par Juppé qui a installé à sa tête des proches qui y siègent toujours. Au début de la mandature, j’étais le seul Verts siégeant dans cet organisme : j’ai été rejoint il y a deux ans par Danielle après une modification du règlement intérieur voulu par nous et permettant au Maire du 18e d’avoir un représentant. Depuis que des malversations financières supposées ont été révélées par des membres du personnel en conflit avec leur directrice, la tension en sein de ce CA est forte. Un audit de la Ville est en cours. Ses premières conclusions sont inquiétantes. Des décisions vont sans doute être prises dans les mois à venir.

(1) Je suis enseignant et critique de cinéma.

(2) Depuis quelques années, le Théâtre de la Ville à une annexe dans le 18e, le Théâtre des Abbesses spécialisé dans le théâtre contemporain.

B) Tourisme

Habitant un quartier touristique et le tourisme étant au tout début de la mandature fort logiquement dans la même commission que l’international, j’ai été désigné comme représentant des élus Verts à l’Office du Tourisme de la Ville de Paris. Cet organisme réunit toutes les professions liées de près ou de loin au tourisme (1) : hôteliers, restaurateurs, chauffeurs de taxi, RATP, Aéroport de Paris... En son sein, j’ai été élu au bureau de ce CA. Nous nous réunissons plusieurs fois par an pour faire le point sur une activité très sensible aux aléas de l’actualité française (récemment la crise des banlieues et celle du CPE) ou internationale (le 11 septembre en a été le meilleur exemple). Lors des débats, je joue souvent les Cassandre en invitant fortement ces professions qui font des projections sur l’avenir sans se soucier de données pourtant aussi essentielles que les ressources pétrolières ou le réchauffement climatique. Ainsi, je leur explique que leur espoir de faire venir quelque 100 millions de touristes chinois en Europe à l’horizon 2020 n’est ni souhaitable, ni possible. Ils entendent ce discours, mais, comme les autruches, la plupart des acteurs de ce secteur se mettent la tête dans le sable et font comme si les contraintes environnementales n’existaient pas...

Etant devenu en quelque sorte le « Monsieur tourisme » du GVCP, j’ai été désigné par le Groupe pour siéger au CA de la Tour Eiffel. Je me suis beaucoup investi dans cette mission. Moins à cause des jetons de présence distribués aux élus siégeant dans ce CA (un peu plus de 300 euros par mois) que parce que c’est passionnant de participer à la direction du monument payant le plus visité au monde (plus de 6 millions de visiteurs par an venus du monde entier). Je suis l’un des trois élus qui siègent à la Commission d’Appel d’Offre (CAO) chargée d’attribuer les marchés sur ce monument historique. Cette CAO se réunit souvent (jusqu’à une fois par semaine à certaines périodes) pour étudier et décider quelles entreprises sont les mieux à même au meilleur prix de repeindre la Tour, gérer ses restaurants, dessiner les costumes du personnel d’accueil... J’ai œuvré, souvent avec succès, pour que des règles éthiques et écologiques s’appliquent. Cela m’a permis, par exemple, d’imposer que lors du renouvellement du contrat de fourniture d’électricité qui a eu lieu cet été, nous passions à du 100% énergie renouvelable (c’est-à-dire de l’électricité certifiée ne provenant ni de centrales nucléaires ni de centrales thermiques). Une victoire symbolique qui peut nous être utile dans d’autres combats comme celui que nous menons pour « écologiser » la mairie du 18e et l’ensemble des bâtiments municipaux.

(1) Paris est la ville la plus visitée au monde et le tourisme est le premier secteur d’activité de notre cité. Environ 120 000 personnes sont employées dans ce secteur.

C) Santé

Ayant été, il y a plus de treize ans maintenant, victime d’un cancer de la thyroïde probablement dû aux retombées radioactives de la catastrophe de Tchernobyl (1), je me suis porté volontaire pour être membre du Comité de Paris de la Ligue contre le cancer. Composé essentiellement de médecins et de professeurs spécialisés dans cette maladie, le CA se réunit tous les trimestres pour faire le point sur les campagnes de prévention, l’aide aux chercheurs, les donations... Quand les réunions qui se tiennent le plus souvent le lundi après-midi ne se déroulent pas en même temps qu’un CA ou un CP, je suis présent dans cette instance. Les quelques fois où je suis intervenu pour suggérer que certains cancers peuvent avoir des causes environnementales, la plupart des éminents médecins présents affirment du haut de leur savoir tout puissant que tout ceci ne sont que des balivernes et des fantasmes d’écolos. Dans le milieu médical, il y a encore beaucoup de travail à faire... Je suis également membre du CA de l’Institut Gustave Roussy, une institution spécialisée dans la recherche contre le cancer. Malheureusement, cet institut est situé en banlieue Sud dans un endroit quasiment inaccessible en transports en commun et je peux rarement m’y rendre.

Toujours dans le secteur de la santé, mais dans un domaine très différent, je siège au CA de l’hôpital Bretonneau (18e, dans le quartier des Grandes Carrières) partiellement transformé en institut de gériatrie modèle dirigé par une directrice énergique et innovante. Soins à domicile des personnes préférant demeurer chez eux, crèche dans l’hôpital pour permettre un mélange des générations, suivi des malades sur le long terme, Bretonneau est devenue une référence internationale dans le traitement des personnes dépendantes en raison de leur grand âge. Il est dommage que ce soit l’arbre qui cache la forêt et que tant de personnes âgées - surtout parmi celles qui ne sont pas fortunées - ne puissent trouver de lieux de soins et d’hébergement de qualité dans Paris. Vu la pyramide des âges à Paris, résoudre ce problème majeur, sera l’un des défis des prochaines décennies.

(1) Je fais partie de l’Association Française des Malades de la Thyroïde qui a porté plainte pour empoisonnement et non-assistance à personnes en danger. Il va sans dire que je me réjouis de l’inculpation récente bien que tardive du professeur Pellerin qui expliquait, quelques jours après l’explosion du réacteur de la centrale de Tchernobyl, que les radiations s’étaient arrêtées aux frontières de la France et qu’il n’y avait aucun danger.

D) Scolaire

C’est dans le domaine scolaire que les élus sont le plus sollicité. Il y a des représentants du Maire d’arrondissement et du Maire de Paris dans chaque école et des représentants du Maire de Paris dans chaque collège (1). Lors de la répartition entre élus d’arrondissement, j’ai bien sûr opté pour des établissements situés dans mon quartier. Pour ce qui concerne les écoles primaires, je siège dans les CA de l’école Houdon et de l’école Foyatier.

Houdon est une école qui bénéficie d’aménagements du temps scolaire et de pratiques pédagogiques innovantes. C’est aussi un établissement qui est animé depuis longtemps par une équipe d’enseignants très militante et une section FCPE très importante (on m’a dit que c’était la plus importante de France en nombre d’adhérents). Je connais bien cette école puisque ma fille y a été scolarisée pendant quatre ans (2). Nous y avons beaucoup de sympathisants tant chez les enseignants que chez les parents d’élèves. A chaque lutte qu’ils ont menée, je me suis tenu à leurs côtés.

Foyatier est une école plus classique et plus tranquille. Mais qui a elle aussi connu une mobilisation importante quand le rectorat, qui, depuis 2002, cherche par tous les moyens à faire des économies, a voulu sortir cette école du régime des Zones d’Education Prioritaires (ZEP). Etre classé ZEP permet d’avoir des moyens humains supplémentaires et donc d’avoir moins d’élèves par classe. Il y a deux ans, les parents de Foyatier ont envahi le CA où je siégeais. Pour expliquer la position du rectorat, l’Inspecteur d’Académie était venu en personne à cette réunion. Furieux de cette intrusion, il demanda aux parents non-membres du CA de sortir en hurlant : « Ce n’est pas un soviet ici ! ». Comme cette expression surannée est très connotée extrême droite, je lui ai demandé publiquement de retirer cette phrase. Cela ne devrait pas favoriser ma carrière d’enseignant, mais m’a valu la sympathie de plusieurs parents présents.

Des mobilisations, il y en a eu également au Collège Yvonne Le Tac où je représente le Maire de Paris aux côtés d’Anne et de Michel le Ray (3). C’est aussi un collège que je connais bien puisque que ma fille y est scolarisée depuis deux ans. Au printemps 2004 suite à des restrictions budgétaires, la FCPE s’est mobilisée et a occupé administrativement le collège. Les cours pouvaient avoir lieu, mais la Proviseure et son adjointe ne pouvaient plus travailler dans leurs bureaux. Très énervée contre cette occupation qui a duré des semaines, la Proviseure a tout fait pour y mettre fin : plaintes contre le responsable de la FCPE, appels au rectorat puis à la police pour faire dégager les occupants qui se relayaient chaque matin et dont j’ai fait partie à plusieurs reprises... Rien n’y a fait et devant la détermination des parents d’élèves, c’est la Proviseure qui a dû quitter ce collège à la fin de l’année scolaire. Début 2005, dans cet établissement, s’est déroulé une émouvante cérémonie en l’honneur de la résistante et déportée qui a donné son nom à la rue et au collège qu’elle a dirigé jusqu’à son arrestation par la Gestapo (4).

L’autre collège où je siège au CA est celui de la rue Coysevox qui est situé dans le quartier des Grandes Carrières. Beaucoup moins remuant que le collège Yvonne Le-Tac, cet établissement connaît toutefois quelques problèmes récurrents. Depuis le départ des enfants de deux de nos adhérents (Ghislaine et Jacky), la FCPE est beaucoup moins active et comme le corps enseignant de ce collège est plutôt conservateur, les CA ne sont guère exaltants.

Même si, comme je l’explique dans la note (1), les universités dépendent de l’Etat, à Paris, il y a un représentant de la ville dans leur CA. Vu ses liens historiques avec l’extrême droite, j’ai choisi la fac d’Assas. Cela dit, j’assiste rarement au CA d’Assas qui est une grande messe où le président parle tout seul de problèmes très techniques parfois pendant près d’une heure avant de clore la séance sans qu’aucune question ne soit posée. J’ai quand même pu vérifier que la majorité de la soixantaine de membres de ce CA est composée de profs de Droit et de Droite.

(1) Les écoles maternelles et primaires dépendent de la ville, les collèges du département (Paris est aussi un département), les lycées de la région et les universités et les grandes écoles de l’Etat.

(2) Lors de toutes les élections depuis 2001, je préside le bureau de vote situé dans cette école.

(3) Un Conseiller d’arrondissement socialiste qui fut le suppléant de Vaillant lors d’élections législatives et Conseiller de Paris jusqu’en 2001. Il déteste tellement Les Verts qu’il vote parfois seul contre nos propositions alors que tous les autres élus de son parti votent pour et que ceux de Droite s’abstiennent. Au CA du collège Yvonne-Le-Tac, il n’hésite pas à me contredire même lorsque je défends les positions de la municipalité. Il l’a ramène toutefois un peu moins depuis sa mise en examen, il y a quelques mois, pour emploi fictif dans une mutuelle proche du PS...

(4) Dans la plupart des écoles du 18e ont été apposées des plaques pour lister les noms des anciens élèves juifs qui ont été déportés pendant la Seconde guerre mondiale et qui, dans leur immense majorité, ne sont jamais revenus des camps de la mort. J’ai assisté à la plupart de ces cérémonies et, les fois où il m’était impossible d’être présent, j’ai demandé à un autre élu Verts de nous représenter. Cette constance nous vaut la sympathie du très actif président de l’association qui organise ces cérémonies dans notre arrondissement.

E) Urbanisme et Logement

Comme il y a plusieurs Conseillers de Paris qui s’occupent de ce dossier fort important, je m’y suis assez peu impliqué. Toutefois en raison des délicats équilibres qui ont prévalu au sein du GVCP lors de notre prise de fonction (1), je me suis retrouvé membre du CA de la Société Anonyme de Gestion Immobilière (SAGI), une des principales et des plus anciennes Société d’Economie Mixte de la Ville de Paris (SEM). Etant de création antérieure à la loi sur les SEM, la SAGI a pour particularité d’être une société où la Ville est minoritaire (2). De ce fait, le CA de la SAGI - dont les dirigeants ont été nommés par Chirac - qui se tient une fois par trimestre est une simple chambre d’enregistrement. Toutefois, il y a un an, suite à un bras de fer entre la SAGI et la Ville, le Maire de Paris a décidé de retirer à la SAGI la gestion de milliers d’immeubles pour les confier à l’OPAC (3). Comme ils étaient les plus rentables de la société, la SAGI a été contrainte d’engager un processus de fusion avec la RIVP (autre SEM parisienne majoritairement privée). Cela devrait aboutir d’ici quelques mois à la création de deux entités : une SEM majoritairement détenue par la Ville et une société privée. Participer au CA de la SAGI m’a permis de comprendre comment fonctionnait ce type de société, que les jetons de présence n’avaient de présence que le nom (4), que les représentants de société privées touchaient des indemnités beaucoup plus importantes que celles des élues et m’a confirmé dans ma conviction qu’il faut supprimer cette forme de rémunération tant pour les élus et que pour les représentants du privé.

(1) Pour obtenir un siège dans cette Sem et dans quelques autres SEM de la Ville la concurrence est rude puisqu’il y a à la clef des jetons présences qui, dans ce cas précis, se montent à plus de 600 euros par mois. Au sein du GVCP, cela a été utilisé comme une forme de compensation pour certains de ceux qui ne sont pas devenus adjoint au Maire de Paris.

(2) Aujourd’hui cela est interdit et toutes les SEM créées après cette loi qui remonte aux années 30 sont majoritairement détenues par des collectivités locales.

(3) Avec Les Verts, j’ai soutenu cette décision du Maire. A cette occasion, nous avons bataillé pour qu’une partie de ces immeubles deviennent des logements très sociaux. Nous n’avons pas obtenu satisfaction, mais la menace de ne pas voter la délibération concernée, nous a permis d’augmenter la part de logements très sociaux dans les constructions nouvelles de la Ville.

(4) Un élu UMP qui n’a assisté qu’à deux CA de la SAGI depuis 2001 touche ses jetons de présence comme si de rien n’était.

F) Jurys

Pour éviter le copinage et la corruption qui furent le pain quotidien dans cette ville pendant de trop longues années, chaque désignation d’un architecte pour réaliser une crèche, une école ou un gymnase passe par un jury. Composés d’architectes, de représentants des services concernés et d’élus, ces jurys se réunissent deux fois pour chaque projet. D’abord pour retenir les architectes à qui l’on demande de réaliser une maquette de leur projet, puis pour choisir celui qui sera retenu pour le réaliser. J’ai participé à plusieurs jurys, généralement pour des projets situés dans le 18e arrondissement. Il est regrettable que très peu d’élus siègent dans ces jurys où ils ont été désignés par un vote du CP. De ce fait, ce sont les architectes qui souvent imposent leurs vues qui parfois me sont apparues à des années-lumière des préoccupations des futurs utilisateurs de ces établissements publics. Toutefois, souvent à avec le soutien de Jean-Pierre Caffet, adjoint socialiste au Maire de Paris chargé de l’urbanisme, j’ai pu contrecarrer des propositions certes innovantes mais peu adaptées aux réalités et aux besoins de nos quartiers.

CONCLUSION

J’ai toujours considéré que l’engagement politique était aussi et surtout un engagement moral. Ayant été pendant des dizaines d’années militant écologiste sans jamais envisager - ni même penser que cela soit possible - être élu, j’ai essayé de rester fidèle à mon engagement. Pendant tout mon mandat, je suis demeuré un militant actif tant au niveau local qu’au niveau national au travers de la Commission des Verts contre l’extrême droite ou des « momos », le service d’ordre non-violent des Verts. Détestant depuis toujours les partis et les élus que l’on ne voit que pendant les campagnes électorales, j’ai très régulièrement distribué - souvent avec Danielle - des tracts dans le quartier des Abbesses. J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas mélanger les genres et j ‘ai abandonné immédiatement mes responsabilités au sein des bureaux des Verts 18e et des Verts Paris. De même, tout en maintenant mon ancrage à la Gauche des Verts, je me suis mis quelque peu en retrait dans les batailles internes entre tendances.

Pour moi, l’une des grandes différences entre l’écologie et les autres idéologies radicales, c’est que nous n’attendons pas d’hypothétiques grands soirs pour commencer à essayer de changer la vie et la société. Aussi j’ai essayé de ne pas changer ma façon de vivre. Refusant toujours de posséder une voiture, j’ai continué à me déplacer à pied, en vélo et en transports en commun (1), je me fais un devoir de trier mes déchets bien qu’il n’y ait pas la place de mettre plus d’une poubelle dans mon immeuble, de boire l’Eau de Paris chez moi comme à l’extérieur, de réduire ma consommation d’électricité, d’eau, de gaz...

J’espère que ce très (trop) long - mais, toutefois partiel - compte-rendu de mandat contribuera modestement à notre réflexion et à notre détermination pour faire de notre ville et de notre arrondissement des modèles de collectivités écologiques.

(1),Les deux seules fois où j’ai utilisé une voiture de la ville avec chauffeur, c’était pour transporter une victime de la double peine et un sans-papiers, considérant qu’ils étaient davantage en sécurité dans un véhicule officiel que dans une voiture particulière.

MENACES

Depuis mars 2001 et pour la première fois de ma vie, j’ai reçu à plusieurs reprises des menaces. Elles ont pris parfois la forme de coups de téléphone anonymes, d’insultes, mais le plus souvent elles sont arrivées par lettres (parfois signées) ou sous formes de tags ou de tracts anonymes. On peut classer ces menaces en trois catégories :

1) Les menaces de « proximité ». Elles sont probablement l’œuvre d’une seule et même personne qui habite fort très certainement près de chez moi et qui connaît mon domicile. J’ai eu droit à des insultes homophobes dans le hall de mon immeuble, à des tags anti-écolos sur ma boîte aux lettres, à des graffitis insultants sur le mur d’une boutique voisine, à des tracts vindicatifs déposés sous les essuie-glaces des voitures garées dans ma rue. Pour marquer le coup, j’ai porté plainte contre X à deux reprises ; cela n’a bien sûr rien donné.

2) Les courriers de Catholiques intégristes d’extrême droite. A chacune de mes interventions demandant l’expulsion de ces tristes sirs qui occupent illégalement Saint-Nicolas-du-Chardonnet, j’ai eu droit à plusieurs courriers. Les plus inquiétants émanent d’un individu habitant Charenton (cela ne s’invente pas). Il veut me tuer par la force de ses prières et m’a donné la (longue) liste de ceux qu’il aurait fait mourir ainsi... On peut en rire, mais quand j’ai reçu une de ses lettre où il se réjouit de la mort accidentelle de Romain Binazon, leader d’un collectif de sans-papiers, avec lequel j’avais occupé Saint-Nicolas-du-Chardonnet, j’ai trouvé cela beaucoup moins drôle....

3) Les insultes de militants de l’ultra-Gauche. Sauf rares exceptions, je ne les ai pas reçues en tant qu’élu mais comme responsable des momos, le service d’ordre non-violent des Verts. Elles ont généralement été proférées par des militants se situant (ou disant se situer) sur notre Gauche. Elles ont parfois été très violentes comme lors de l’occupation du local national par un comité de mal-logés ou plus récemment par un individu très énervé lors d’une manifestation pour la Paix au Proche-Orient qui nous reprochait - entre autres - d’avoir appelé à voter oui au référendum sur le TCE. Ma grande taille mais surtout la solidarité des autres momos et militants présents ont sans doute empêché la transformation de ces insultes en coups.

Certains diront que ces menaces sont « la rançon de la gloire ». Mais, outre le fait qu’il n’y a guère de gloire à être élu et militant, la répétition de ce genre d’attaques à de quoi inquiéter. Et le fait qu’elles émanent le plus souvent de personnes manifestement fragiles psychologiquement, n’ait pas forcément fait pour rassurer. Toutefois, je me dis que mon action à dû être assez gênante pour un certain nombre de nos adversaires pour qu’ils prennent le temps de me harceler ainsi.

SIGLES

  • ADDM18 : Association pour la Défense De Montmartre et du 18e
  • AG : Assemblée Générale
  • CA : Conseil d’Administration
  • CA 18 : Conseil du 18e Arrondissement
  • CAO : Commission d’Appel d’Offres
  • CIO : Comité Internationale Olympique
  • CQ : Conseil de Quartier
  • CRIIRAD : Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Radioactivité
  • CP : Conseil de Paris
  • DRAC : Direction Régionale de l’Action Culturelle
  • FARC : Forces Armées Révolutionnaires Colombiennes
  • GVCP : Groupe des Verts au Conseil de Paris
  • JO : Jeux Olympiques
  • LDJ : Ligue de Défense Juive
  • MEI : Mouvement Ecologiste Indépendant
  • MGI : Maison du geste et de l’Image
  • Momos : Modérateurs, modératrices .
  • MRC : Mouvement républicain et Citoyen
  • OPAC : Office Public d’Aménagement et de Construction de Paris
  • PCF : Parti Communiste Français
  • PLU : Plan Local d’Urbanisme
  • PRG : Parti des Radicaux de Gauche
  • PS : Parti Socialiste
  • PSG : Paris Saint Germain
  • RATP : Régie Autonome de Transports Parisiens
  • RDV : Regain De Verts
  • SAGI : Société Anonyme de Gestion Immobilière
  • SEM : Société d’Economie Mixte
  • SIEMP : Société Immobilière d’Economie Mixte de la ville de Paris
  • TCE : Traité de Constitution Européenne
  • UDF : Union pour la Démocratie Française
  • UMP : Union pour la Majorité Présidentielle
  • ZEP : Zone d’Education Prioritaire
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