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Mésaventures de la démocratie locale dans le 6e

jeudi 22 février 2007

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Mésaventures de la démocratie locale dans le 6e

Les Verts, dans la majorité municipale de Paris, sont attachés à une conception de la société dans laquelle l’action publique œuvre à « rendre le pouvoir au citoyen », à donner à ces derniers l’occasion de prendre conscience de l’importance d’une bonne gestion du secteur public et aussi des contraintes afférentes.

Ils sont attachés à un contrôle accru des élus et à la transparence des pratiques et des politiques.

Ce sont autant de conditions qui doivent permettre que les citoyens aient davantage confiance en leurs élus et se sentent encore plus conscients de l’importance de la « chose publique ».

Les Verts, dans la majorité municipale de Paris, sont attachés à mettre fin au système de clientélisme et d’électoralisme qui a atteint des sommets dans les mandatures précédentes. Ainsi, ils sont attachés à ce qu’un vrai renouvellement des représentants du peuple soit possible pour que de nouvelles idées puissent apparaître et qu’un plus grand nombre puisse s’impliquer dans les affaires publiques.

Les Verts, dans la majorité municipale de Paris, croient dans une société où d’autres modèles que le strict partage entre secteur public et secteur privé existent, où d’autres formes de travailler ensemble et de vivre ensemble sont possibles. Ils croient que toutes les initiatives et réalisations allant dans cette direction doivent être encouragées. Il y a place pour une économie sociale et solidaire, un tiers secteur.

Un besoin : inventer des formes de démocratie participative véritable.

Il faut reconnaître que ces différentes préoccupations, relevant de la notion de « démocratie participative », apparaissent souvent comme des voeux pieux : l’individualisme forcené dans lequel nous nous inscrivons, la monétarisation accrue de nos échanges, le manque de mixité entre les différentes couches sociales conduisent, on ne le regrettera jamais assez, à une certaine sclérose de notre vie publique.

Il suffit de compter le nombre de nos concitoyens qui assistent à un conseil d’arrondissement, dans le 6e arrondissement, par exemple, pour s’en rendre compte : une seule main suffit la plupart du temps !

Pourquoi ? Est-ce une fatalité ?

Le manque de temps, le fait d’assister sans pouvoir s’inviter au débat, celui de ne pas se sentir concerné-e par des questions bien souvent d’ordre technique ou de pure administration... sont des explications plausibles. Sont-elles suffisantes ?

On ne changera pas la société par décret comme disait le sociologue Michel Crozier. Non, on la changera par l’exemple.

Les vertus des « équipements de proximité »

Pour changer la société par petits pas il existe plusieurs voies. Ainsi, il existe des lieux qui représentent une véritable opportunité pour impliquer facilement et efficacement plus de citoyens dans la vie publique : il s’agit de petits équipements (en budget), grands en potentialité d’action et de pédagogie, qui peuvent et doivent être des outils mis à disposition des citoyens pour qu’ils prennent conscience des contraintes et des coûts de l’action publique.

Et tant mieux si, grâce à cela, l’équipement brille davantage, grâce à une implication plus forte d’un plus grand nombre de citoyens, et notamment de certains qui aspirent à une société plus solidaire et plus responsable.

Ces équipements dits « de proximité » doivent appartenir au plus grand nombre. Les Verts l’affirment dans leur programme et la majorité municipale l’a pris en compte au titre du développement de l’ « éducation populaire ».

Lorsque nous entendons l’exécutif municipal, il ne tarit pas de confirmations sur ce point.

Mais alors, comment comprendre ce même exécutif lorsqu’il met en oeuvre une politique à l’opposé de ses propres orientations, encourage des professionnels face à des bénévoles, préfère des offres standardisées à des initiatives citoyennes originales et ambitieuses, arbitre en faveur d’arrangements locaux plutôt que de prôner une véritable ouverture citoyenne, ne cherche pas en toute circonstance l’intérêt du service public aux Parisiens, n’évite pas la concentration des pouvoirs sur un trop faible nombre de personnalités et de notables locaux cumulant fonctions et présidences ?

Si nous reconnaissons volontiers les progrès réalisés depuis l’arrivée de la majorité municipale en termes de transparence, mise en concurrence, développement de la gestion participative... nous sommes dans l’obligation de constater que des dérapages existent.

Un exemple : les centres d’animation parisiens

Un exemple : les centres d’animation parisiens, ces anciennes Maisons des Jeunes et de la Culture (MJC), qui incarnent tellement bien l’équipement de proximité au service des valeurs citoyennes. Ces structures ont été affectées par le rodage d’une tarification basée sur le quotient familial (20 à 40% de baisse d’inscription dans les centres à la rentrée de septembre 2006). Mais il y a plus.

Un grand nombre des mandats de ces centres d’animation ont été renouvelés en 2006. N’en déplaise à certains qui cherchent à tronquer une réalité qui s’impose, la plupart des centres d’animation ont été confiés à de grandes structures nationales ou régionales dites d’éducation populaire.

S’agit-il d’une volonté en lien avec une politique argumentée ? Soit, mais qu’on le dise et l’explique. Ce changement en faveur des grandes fédérations n’est pas une décision du Conseil de Paris et la Ville a toujours affirmé vouloir le contraire.

Parmi ces centres, un cas paraît étrange, celui du centre d’animation Saint-Michel (CASM), dans le 6e arrondissement. Il était géré depuis quarante ans par une association, tombée progressivement en léthargie subventionnée. Le résultat est sidérant : affaire de détournement de fonds ayant donné lieu à un audit de l’Inspection générale de la Ville de Paris en novembre 2002, rapport vite enterré ; une vie associative quasiment inexistante, sans adhérents, ne respectant ni ses obligations contractuelles envers la Ville ni ses statuts ; sans concurrence au précédent renouvellement du contrat de gestion du CASM ; une association fonctionnant en quasi-autarcie, hors tutelle sinon le regard du maire local.

Fin 2004, les usagers du centre se rebellent, demandent à l’association des comptes, des changements, de la transparence. Finalement, ils prennent le pouvoir dans l’association et redonnent la parole aux usagers : c’est le retour de la démocratie, « l’autogestion » comme ils le disent eux-mêmes.

En 2006 un renversement qui prend toutes les apparences d’un véritable « Yalta ». Les arrondissements de la nouvelle majorité parisienne soutiennent des associations « proches » d’elle, ceux d’opposition des associations proches d’eux. Une de ces dernières perd plusieurs marchés qu’elle détenait, au profit d’une association de la majorité. Mais, en compensation, le centre d’animation Saint-Michel doit être géré par une fédération choisie et réclamée par les maires d’arrondissements d’opposition (6e et le 7e avec sa minuscule annexe).

Exit l’association locale dont les usagers avaient redressé le fonctionnement, renouvelé la gestion, réussi la meilleure rentrée en septembre 2006 (réinscriptions). Tant pis si le coût pour la collectivité est supérieur, les avantages pour le public moindres, et si la qualité du projet n’a même pas évaluée... L’important ce sont les « bonnes relations de voisinage » entre l’Hôtel de ville et les mairies d’arrondissement.

Les Verts du 6° le disent haut et fort : non, ce n’est pas cette conception de la politique que doit laisser faire la municipalité parisienne. Les élus de l’opposition locale à Jean-Pierre LECOQ, maire du 6e le lui ont dit au conseil d’arrondissement en refusant ce choix.

Délibération du Conseil de Paris des lundi 11 et mardi 12 décembre 2006 (DJS 2006-0547). Autorisation à Monsieur le Maire de Paris de conclure un marché passé conformément aux dispositions de l’article 30 du code des marchés publics, avec l’association "ACTISCE" pour assurer la gestion du centre Saint-Michel et de ses deux annexes situées 19 bis rue Hautefeuille (6e) et 105 avenue de la Bourdonnais (7e).

Plus d’informations sur le Site : http://jeunesseetculture.hautetfort.com/archive/2006/05/19/communique.html


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